5 novembre 2026

actu des établissements

Stop aux violences policières devant les lycées du 94 !

Le rectorat et la direction académique ont voulu que la rentrée se tienne dans les lycées du Val-de-Marne malgré la mobilisation qui perdure. Pour cela, ils ont déployé un peu partout des effectifs de police démesurés et complètement outranciers. Ceux-ci n’ont pas hésité à faire preuve d’une très grande violence pour faire entrer les élèves dans les établissements et débloquer les lycées qui l’étaient. La volonté est claire ; il fallait reprendre le chemin de l’école après les annonces misérables du ministère et faire en sorte que les cours se tiennent avec pour objectif de faire cesser le mouvement pour mettre en échec la journée du 5. Les incidents se sont multipliés ; à Darius Milhaud au Kremlin Bicêtre, à St Exupéry et Léon Blum de Créteil, à Guillaume Budé à Limeil Brévannes. La répression a été particulièrement vive comme à Romain Rolland (Ivry), Jean Mace (Vitry) ou encore Adolphe Chérioux (Vitry) ou dans les lycées mentionnés précédemment.

Avant les vacances déjà, la répression qui s’exerçait sur ces jeunes - notamment dans les établissements les moins favorisés du département - était particulièrement importante. Les interpellations se sont multipliées, les comparutions immédiates demandées avec des condamnations absolument disproportionnées pour les faits qui sont ceux qui leur sont reprochés. En parallèle, les établissements ont mis en place des conseils de discipline et ont exclus de nombreux élèves mobilisés, comme à Branly où 3 élèves de Terminale ont été traduits devant le CD et exclus avec ou sans sursis. Depuis lundi, le déferlement de violence est inouïe. À Thiais, des jeunes rassemblés devant les grilles et ne faisant preuve d’aucune forme de violence ont été gazés ; les profs qui les protégeaient l’ont été avec elleux. La Brav-M mais aussi les forces de police locales usent et abusent de leurs outils de répression (gaz, LBD, grenades) contre des jeunes qui n’ont même plus le droit de posséder du sérum physiologique ou des masques chirurgicaux permettant de les protéger des gaz. Nous avons aussi pu constater des faits graves de racisme à l’encontre des élèves, insultés et malmenés parce que supposément étrangers. Les comportements raciste ou classiste n’ont pas leur place ; la police, représentante de l’État doit cesser ces débordements et faire le ménage en son sein pour respecter les valeurs républicaines dont elle est normalement, garante.

La répression qui s’exerce émane directement des ministères de l’Intérieur et de l’Éducation Nationale ; l’objectif est triple :

  • Réprimer pour terroriser et obliger au retour sans apporter de réponses. Les discours de délégitimation du mouvement doivent cesser. Non, les élèves mobilisés ne sont pas des casseurs. Oui, leur mobilisation est politique.
  • Organiser le pourrissement pour favoriser la radicalisation des élèves et les faire se diviser sur la question de l’usage de la violence contre les biens et les personnes. Faire des seuls personnels de direction les intermédiaires de ces jeunes alors qu’iels n’ont pas les réponses que ces derniers espèrent, est tout à fait dangereux ; c’est aussi irresponsable.
  • Freiner la montée en puissance du mouvement pour empêcher la formation d’une grève générale dont le gouvernement a peur et qui se profile en cette journée de grève nationale interprofessionnelle du 5 novembre.

Le mouvement lycéen et étudiant est légitime. Iels revendiquent le droit à l’éducation, à des formations de qualité et permettant à toutes et tous de s’émanciper. Iels réclament le droit à la jeunesse, au temps libre et à l’émancipation intellectuelle et sociale et ne veulent pas être le loupenprolétariat de demain, exploité.es par d’autres, incapables de disposer des moyens matériels d’existence nécessaire à une vie décente. Le gouvernement doit l’entendre, répondre à la crise sociale que nous traversons et investir dans les services publics qu’il a détruit, seuls à même de construire une société plus juste et dont les inégalités sociales sont supprimées ou au moins nivelées.