7 janvier 2026

les stagiaires

Réforme des concours 2026 : Juste une mise au point

Voici un aperçu de la réforme des concours et de la formation initiale, dans l’attente des derniers arbitrages et de la validation ou non du budget 2026. Le contenu de cet article est donc susceptible d’évoluer.

Entrée dans le métier : des parcours éclatés, des inégalités renforcées

À partir de la session 2026, les concours CAPES, CAPET et CPE sont accessibles dès la licence (bac +3). Derrière l’affichage d’une réforme « d’attractivité », le Ministère impose une transformation profonde de l’entrée dans le métier, sans répondre aux difficultés structurelles qui frappent particulièrement des académies comme Créteil.

Cette réforme crée une entrée dans le métier à plusieurs vitesses, avec des statuts, des droits et des contraintes différentes pour des personnels pourtant recrutés par les mêmes concours nationaux.

Pour les sessions 2026 et 2027, dans la majorité des disciplines, les sessions à bac + 3 et bac +5 cohabitent. En l’absence de précisions, le SNES-FSU conseille aux étudiant•es de M2 de s’inscrire aux deux concours afin de se laisser la possibilité de pouvoir faire un choix plus éclairé le moment venu. Dans les faits, selon les disciplines, il faudra faire le choix dès le moment des épreuves d’admissibilité puisque certaines se dérouleront à la même date pour les 2 concours. Pour cette session 2026 ce sera le cas pour les concours de CPE, documentation, philo, histoire-géo, SVT, SES, arts plastiques, EPS, NSI.

Des parcours différenciés…

Lauréates du concours à bac +3 possédant une licence ou inscrites en L3
• Inscription obligatoire en master M2E. Affectation dans une académie pour les deux ans du master selon le rang au concours (pas de prise en compte des bonifications familiales)
M1 : Statut : Élève-fonctionnaire = formation INSPE + stages d’observation ou de pratique accompagnée. Rémunération pendant la formation : environ 1400€ net / mois (indice 366)
M2 : Statut : Fonctionnaire stagiaire = mi-temps en responsabilité devant élèves, mi-temps formation INSPE. Rémunération pendant la formation : environ 1756,37€ net / mois (indice 365)
Engagement de service 4 ans imposé ? (nous sommes toujours dans l’attente de la publication d’un arrêté du Ministère sur ce point)

Lauréates du concours à bac +3 possédant un M1 MEEF ou inscrites en M1 MEEF cette année
• Parcours proche de celui des lauréates bac +3, mais arrivée directement en M2E. Affectation dans une académie pour l’année du M2 selon le rang au concours (pas de prise en compte des bonifications familiales à priori mais, cela peut évoluer)
M2 : Statut : Fonctionnaire stagiaire = mi-temps en responsabilité devant élèves, mi-temps formation INSPE. Rémunération pendant la formation : environ 1756,37€ net / mois (indice 365)

Lauréates du concours à bac +3 possédant un M1 disciplinaire ou inscrites en M1 disciplinaire cette année
• Inscription obligatoire en master M2E, pas de possibilité de terminer le master disciplinaire. Affectation dans une académie (sous réserve des capacités académiques) selon le rang au concours (pas de prise en compte des bonifications familiales à priori mais, cela peut évoluer)

• Deux possibilités :
M1 : Statut : Élève-fonctionnaire = formation INSPE + stages d’observation ou de pratique accompagnée. Rémunération pendant la formation : environ 1400€ net / mois (indice 366). Situation privilégiée par le Ministère de l’Éducation Nationale.
M2 : Statut : Fonctionnaire stagiaire = mi-temps en responsabilité devant élèves, mi-temps formation INSPE. Rémunération pendant la formation : environ 1756,37€ net / mois (indice 365). Situation plus rare, selon la décision d’une commission académique.

Lauréates du concours à bac +3 possédant un M2 MEEF
• Affectation en académie par barème, après les candidat.es du concours bac + 5 (deuxième tour d’affectation)
Statut : Fonctionnaire stagiaire = Plein temps en responsabilité devant élèves. Rémunération pendant la formation : environ 1847,12€ net / mois (indice 365).
Lauréates du concours à bac +3 possédant un M2 disciplinaire
• Affectation en académie par barème, après les candidat.es du concours bac + 5 (deuxième tour d’affectation)
Statut : Fonctionnaire stagiaire = Mi-temps en responsabilité devant élèves. Rémunération pendant la formation : environ 1756,37€ net / mois (indice 365).

Lauréat.es du concours à bac +3 titulaire de l’Éducation Nationale ou Contractuelles avec expérience (> ou= 18 mois)
• À priori maintien dans l’académie
• Statut : Fonctionnaire stagiaire = Plein temps en responsabilité devant élèves.
Lauréat.es du concours à bac +5 possédant un M2 MEEF ou terminant leur M2 MEEF
• À priori affecté.e dans leur académie
Statut : Fonctionnaire stagiaire = Plein temps en responsabilité devant élèves. Rémunération pendant la formation : environ 1847,12€ net / mois (indice 365).

Lauréat.es du concours à bac +5 possédant un M2 disciplinaire ou terminant leur M2 disciplinaire
• À priori affecté.e dans leur académie
Statut : Fonctionnaire stagiaire = Mi-temps en responsabilité devant élèves. Rémunération pendant la formation : environ 1756,37€ net / mois (indice 365).

Lauréat.es du concours à bac +5 titulaire de l’Éducation Nationale ou Contractuelles avec expérience (> ou= 18 mois)
• Maintien dans l’académie
• Statut : Fonctionnaire stagiaire = Plein temps en responsabilité devant élèves.

(document fourni sur la visio du SNES le 30 septembre 2025 :
https://www.snes.edu/ma-carriere/concours-entree/concours/reforme-des-concours-la-visio-du-snes-fsu-pour-tout-savoir/)

L’affectation après le concours

L’affectation définitive n’interviendra qu’à l’issue de la période de stage, comme actuellement. Les élèves-fonctionnaires sont à priori affectées pour deux ans (M1 et M2), les fonctionnaires-stagiaires pour un an (M2). Pour le moment, le Ministère envisagerait de maintenir en académie les contractuelles avec 18 mois d’expérience sur les 3 dernières années (PLP : 10 mois), les 3e concours et les ex-titulaires de l’Éducation Nationale. Le maintien des lauréates des concours L3 dans l’académie serait possible pour les lauréates ayant une L3 ou M1 si la formation disciplinaire existe et dans la limite des capacités d’accueil, par ordre de rang de classement au concours. Les lauréates ayant un master seront affectées au barème (qui devrait évoluer).
Pour le SNES-FSU, l’affectation des lauréates doit se faire de manière transparente, en fonction d’un barème prenant en compte le plus largement possible la diversité de leurs situations (situation personnelle antérieure, familiale, médicale…).

À Créteil, une réforme à hauts risques

Dans notre académie, où les postes restent massivement non pourvus, les stagiaires sont souvent affectées sur des services lourds et où les CPE débutantes font face à des conditions de travail dégradées. Cette réforme risque surtout de normaliser la pénurie, fragiliser encore davantage les stagiaires et accentuer les inégalités de formation entre personnels.
Des concours identiques, mais statuts différents, obligations différentes, droits différents : c’est une rupture grave avec le principe d’égalité de traitement des fonctionnaires.

À Créteil comme ailleurs, ce n’est pas d’un concours au rabais dont nous avons besoin

Cette réforme crée une entrée dans le métier à plusieurs vitesses, avec des statuts, des droits et des contraintes différentes pour des personnels pourtant recrutés par les mêmes concours nationaux. Et, une fois de plus, le Ministère a laissé de côté les questions centrales de la revalorisation des carrières et des besoins de la formation initiale : cela en dit long sur l’estime qu’il porte à nos métiers.

Pour le SNES-FSU Créteil, cette réforme ne répond ni aux besoins des élèves, ni à ceux des personnels. Elle n’améliore ni les conditions de travail dans les collèges et lycées, ni la formation professionnelle des enseignantes et des CPE, ni l’attractivité réelle des métiers. Au contraire, elle engage des étudiantes très jeunes dans des parcours contraints, multiplie les statuts et les inégalités, détourne l’attention des véritables urgences : salaires, effectifs, temps de formation, accompagnement des stagiaires. La priorité devrait être une formation longue, solide et nationale, commune à tou.tes les lauréates, un concours placé à bac +5, garant de qualification et d’égalité, des services allégés pour les stagiaires, enseignant.es comme CPE et une revalorisation salariale immédiate, sans contreparties.

Le SNES-FSU s’oppose à cette mauvaise réforme et continuent de demander la réouverture de la concertation sur les conditions d’entrée dans le métier et les modalités des concours.

Le SNES-FSU Créteil continuera de défendre une autre ambition pour le service public d’éducation : mieux former, mieux recruter, protéger les personnels et respecter le métier.

Plus d’informations :
Toutes les informations du SNES-FSU sur les concours 2026 : https://www.snes.edu/ma-carriere/concours-entree/concours/concours-2026/
La visio « concours 2026 » en replay : https://www.snes.edu/ma-carriere/concours-entree/concours/reforme-des-concours-la-visio-du-snes-fsu-pour-tout-savoir/

Les militantes du SNES-FSU du secteur Entrée dans le métier sont disponibles pour répondre à tes questions et t’accompagner durant l’année de stage :
=> stagiaires@creteil.snes.edu
=> 06 95 47 01 40

SE SYNDIQUER
Le SNES-FSU est le premier syndicat de l’Éducation Nationale. Se syndiquer permet d’être informée et de soutenir son action. Sans cotisation, pas de syndicat, pas de permanence téléphonique ou par mail, pas d’aides pour les jeunes collègues en difficulté.
Le SNES-FSU ne vit que des cotisations de ses adhérentes, toutes les personnes qui répondent sont des collègues qui travaillent aussi en établissement.