Vendredi 2 octobre, la FSU, dont les représentant.es des syndicats du second degré SNES et SNUEP, ont demandé à échanger sur les évènements liés à la mobilisation lycéenne afin de rappeler l’obligation des autorités à assurer la sécurité de nos élèves tout en les laissant exprimer librement leurs revendications. Nous avons fait remonter les situations vécues sur le terrain et la disproportion de certaines réponses des forces de l’ordre.
COTE DASEN
Elle se félicite que des lycéens s’expriment, mais regrette que leur mouvement soit pris en « otage » par des éléments violents. Son impératif : assurer la sécurité des élèves, des personnels et des biens.
Un mouvement mouvant, difficile à anticiper
La DASEN remercie les proviseurs pour leur implication, ainsi que l’ensemble des collègues qui font fonctionner le système éducatif. Elle explique que les événements bougent sans cesse : les rassemblements se déplacent et sont très difficiles à anticiper, ce qui complique la protection des personnels et des biens.
Elle juge la situation plus grave que les mobilisations de 2018 et des années suivantes. Autre difficulté : des éléments extérieurs, qui ne sont pas des élèves, se mêlent aux rassemblements.
PPMS et distanciel
Plusieurs ont été déclenchés, et il arrive que les forces de l’ordre prennent elles-mêmes la main. Certains lycées n’ont plus de SSI fonctionnel : c’est pour cette raison notament qu’ils sont passés en distanciel.
Pour la DASEN, le distanciel sert aussi à garder le contact avec le monde scolaire, Elle demande qu’il soit réalisé avec de la souplesse. Elle reconnaît cependant qu’il ne constitue pas une obligation légale : un enseignant qui ne le renseigne pas ne peut pas être sanctionné.
Le dialogue plutôt que la fermeture
La DASEN demande aux proviseurs d’engager le dialogue avec les élèves. De son côté, elle a appelé les fédérations de parents d’élèves. Elle souscrit à la demande syndicale de permettre aux lycéens de se réunir à l’intérieur des lycées. Nous avons demandé qu’elle communique en ce sens à tous les proviseurs.
Elle n’est pas favorable à la fermeture des établissements, qu’elle réserve au cas où il n’existerait pas d’autre solution. Selon elle, fermer un lycée risque de mettre encore plus d’élèves dans la rue : le mouvement se déplace, les jeunes s’unissent, et cela crée d’autres problèmes.
La DASEN fait part d’une grosse inquiétude face aux appels à viser des proviseurs et des professeurs.
Aucun lycée n’a été ouvert samedi. Le ministère doit ouvrir lundi une plateforme pour recenser les doléances des lycéens. La DASEN exprime une grosse inquiétude pour la journée de lundi.
Les collègues peuvent appeler les cellules d’écoute.
Pour ceux qui accompagnent les élèves, la DASEN formule une mise en garde : elle vise ceux qui attisent les foules, et demande plutôt de raisonner les jeunes. Elle invite chacun à privilégier le dialogue et l’apaisement.
COTE PREFECTURE
La représentante de la préfecture reconnaît la liberté de manifester. Pour elle, le problème vient de l’écart entre s’exprimer et tout casser. Le droit de se rassembler est reconnu tant qu’il n’y a pas d’atteinte à l’ordre public.
Quand les forces de l’ordre interviennent
Lorsqu’il y a des dégâts, comme des départs de feu, les forces de l’ordre sont obligées d’intervenir. Elle explique qu’il est difficile de distinguer des jeunes qui manifestent de casseurs quand la violence éclate : les agents ne sont alors pas en mesure de séparer ceux qui manifestent de ceux qui veulent en découdre.
Elle en appelle à notre sens des responsabilités et juge extrême l’expression « violencess policière ».
Chiffres donnés par la préfecture lors de la réunion.
• 15 à 20 situations en même temps, chaque jour
• 10 policiers et gendarmes blessés la veille, dont deux policiers brûlés
• 2 jeunes blessés (gaz lacrymogène, crise d’angoisse)
• 6 proviseurs menacés et visés directement notament par des tirs de mortiers
Face à cette pression, la préfecture doit faire venir des renforts d’autres départements. À Meaux, vendredi, 600 personnes déambulaient dans la ville, avec de nombreux problèmes à la clé. Les événements sont complètement erratiques : tout est calme, puis tout explose d’un coup.
Elle décrit de véritables plans de bataille chez les casseurs, qui se greffent aux manifestations. Même les pompiers ont du mal à aller secourir des personnes en détresse. Sécuriser les plus petits établissements (collèges, écoles) est par ailleurs compliqué.
Dialogue, vigilance et médias
La préfecture soutient l’idée de sanctuariser des espaces de dialogue pour les lycéens. Elle demande une vigilance accrue pour éviter que le climat ne dégénère, et redoute particulièrement lundi, et surtout mardi.
« Il faut être vigilant pour éviter les drames. Tout est filmé et tout est sujet à instrumentalisation. »
Elle accuse enfin les réseaux sociaux et la télévision de monter les choses en épingle et de les déformer (notament en faisant des montages vidéos).
Vous pouvez nous tenir informé.es des mobilisations dans votre lycée
