2 octobre 2026

actu des établissements

La FSU 94 s’engage contre le projet de nouvel incinérateur dans le Val-de-Marne

La FSU 94 a rédigé un cahier d’acteur, contribution à la consultation citoyenne concernant le projet Thermo sur Seine.
Elle invite tous les personnels à signer la pétition contre ce projet ainsi qu’à rédiger une contribution personnelle. Vous trouverez une proposition de contribution à la fin de l’article ainsi qu’un exemple de motion pouvant être votée en CA.

Cahier d’acteur incinération FSU 94

La FSU 94 condamne fermement le projet de construction d’un 4e incinérateur dans le département du Val-de-Marne. La mise en service de cet incinérateur dans un cadre urbain, à proximité immédiate d’établissements scolaires fait peser un grave risque sanitaire aux élèves et personnels. Par ailleurs sa nécessité paraît nullement évidente et le processus de décision peu conforme aux valeurs de démocratie et de justice sociale défendues par notre organisation.

Le projet Thermo-sur-Seine consiste à créer une centrale de production de chaleur par incinération à Vitry-sur-Seine aux Ardoines pour alimenter le réseau de chauffage urbain de la Ville de Paris. Pour alimenter cette « chaufferie », deux types de combustibles seront brulés :

  • des bois B, c’est-à-dire des bois usagés comme des palettes, des meubles, des éléments de construction ou des bois de démolition qui, malgré un tri et une préparation préalable, contiennent peinture, vernis, solvants…
  • Des combustibles solides de récupération (CSR) c’est-à-dire des déchets non recyclables, principalement du plastique, préparés afin d’obtenir un combustible relativement homogène destiné aux installations industrielles.
  1. Un méga-incinérateur.
    Il existe déjà trois incinérateurs dans le Val-de-Marne : celui d’Ivry-sur-Seine, d’une capacité de traitement de 350 000 tonnes de déchets par an, celui de Créteil, passé lui d’une capacité de 250 000 à 350 000 tonnes, et qui traite également les déchets hospitaliers (Dasri) et celui de Rungis, d’une capacité de 150 000 tonnes. Le projet de nouvel incinérateur aurait une capacité de 450 000 tonnes et les déchets proviendrait d’un bassin d’approvisionnement d’un rayon de 300 kilomètres.
    450 000 tonnes, c’est 10 fois plus que la chaufferie CSR Blue Paper en fonctionnement à Strasbourg, qui a d’ailleurs été condamnée pour avoir dépassé les seuils d’émission de dioxines autorisés ; 450 000 tonnes c’est 45% du tonnage de CSR (Combustibles Solides de Récupération) produits aujourd’hui, il faudra faire venir des déchets de toute la France. Il ne s’agit donc pas de traiter les déchets de la métropole mais de faire venir du combustible pour alimenter un méga-incinérateur. Or le Val-de Marne traite déjà une quantité de déchets plus de deux fois supérieure à la moyenne des autres départements franciliens et ce méga-incinérateur se trouve au milieu d’une zone urbaine dense et d’un territoire en pleine restructuration qui va accueillir de nouveaux habitants, de nouvelles infrastructures scolaires.
    La mise ne place de l’incinérateur provoquerait ainsi une augmentation considérable de la pollution atmosphérique dans un département déjà largement exposé.
  2. Combustion, pollution de l’air et risques sanitaires.
    Les mesures de polluants liés à l’incinération des déchets notamment de l’incinérateur d’Ivry ont déjà fait apparaître des taux dangereux de métaux lourds (arsenic, plombs, mercure, cadmium, aluminium... etc) dans les sols et cette concentration augmente avec la proximité de l’incinérateur. Les rejets de polluants éternels PFAS sont également certains car la combustion telle qu’elle se pratique ne permet pas de les éliminer. Les émissions de dioxine, de particules fines et extra-fines dans l’atmosphère, malgré les meilleurs systèmes de filtration, seront démultipliés. Ces rejets sont particulièrement dangereux et favorisent l’apparition de cancers, de maladies cardio-vasculaires, de pathologies pulmonaires, oculaires, de troubles endocrinologiques…
    Pour les enfants des écoles, pour les adolescents, dont la recherche a déjà prouvé la vulnérabilité, ils sont une menace et un enjeu de santé publique.
    Pour les élèves pratiquant les activités sportives, l’exposition aux polluants est décuplée par l’activité physique.
    Pour les personnels qui peuvent fréquenter un établissement scolaire pendant des décennies, les conséquences de l’exposition à long terme sont également particulièrement graves.
    16 établissements scolaires sont déjà à proximité immédiate d’un incinérateur (moins de 1 km) : l’école maternelle Jacques Prévert, l’école élémentaire Blaise Pascal, le Collège Louis Issaurat et le Lycée polyvalent Léon Blum, à Créteil ; l’école maternelle Gabriel Péri, l’école maternelle et élémentaire Dulcie September, l’école primaire Guy Moquet, l’école élémentaire d’application Albert Einstein, le Collège Molière et le Collège Henri Wallon à Ivry-sur-Seine ; l‘école maternelle du Port aux Lions et l’école élémentaire Robert Desnos à Charenton le Pont ; l’école maternelle la Source et Médicis, l’école élémentaire Les Antes et le collège les Closeaux à Rungis.
    Avec la chaufferie de Vitry-sur-Seine, ce chiffre sera porté à 29. La quasi-totalité des établissements scolaires d’Alfortville serait touchée : les écoles maternelles Etienne Dolet, Lacore-Moreau, Louise Michel, Pauline Kergomard, Simone Franceschi, les écoles élémentaires Lapierre, Etienne Dolet, Montaigne, les collèges Léon Blum et Paul Langevin, le Lycée Maximilien Peret d’Alfortville.
    Si l’on porte le rayon de pollution à 4km : ce sont 500 000 habitants, 201 écoles, 45 collèges, 24 lycées et autant de personnels qui sont concernés par ce risque sanitaire systématiquement sous-estimé. Malgré les demandes répétées de notre organisation syndicale, aucune étude épidémiologique d’envergure n’a été conduite. Actuellement, aucune de mesures de prévention ne permet de limiter les risques d’exposition, Il n’y a même pas de système d’alerte en cas de panne des systèmes de filtration ou de PPMS.
    Nous nous opposons à la mise en service d’un nouvel incinérateur et nous demandons des investigations approfondies sur l’impact sanitaire de ceux qui fonctionnent aujourd’hui.
  3. Un projet non écologique, élaboré sans concertation.
    Aujourd’hui, la transition écologique ne doit pas simplement consister à produire autrement mais à jeter moins. Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas et la question n’est pas de savoir comment alimenter un réseau de chauffage existant mais comment réduire les besoins énergétiques existants.
    Les 4 milliards d’euros investis dans le projet pourraient permettre de rénover et transformer le bâti pour répondre aux défis écologiques : limiter la déperdition énergétique pour réduire dans le même temps la facture énergétique et les bouilloires thermiques, multiplier les ressources locales d’énergies pour réduire la pollution des transports. Avec la construction d’une chaufferie d’une capacité de 450 000 tonnes, il n’y a pas de tentative de diminution des déchets ou de la consommation d’énergie mais création d’un marché pour les CSR (Combustibles Solides de Récupération) qui créé une dépendance énergétique vis-à-vis des déchets et multiplie les rejets de gaz à effet de serre. Les incinérateurs de déchets sont à l’origine de l’émission de 40 millions de tonnes équivalent CO2 par an en Europe. Le réseau de chaleur, enfin, sera à l’origine de nouveaux d’ilot de chaleur.
    La question est aussi un problème de justice et de démocratie : pourquoi le Val-de-Marne serait-il la poubelle de Paris ? Le projet participe d’une géographie des inégalités construite tout au long des XIXe et XXe siècles où Paris délocalise dans la banlieue les nuisances industrielles et les infrastructures polluantes. Le val-de marne est vu comme le territoire servant de la capitale comme le montre la genèse du projet.
    Les décisions ont précédé le débat public et les citoyens n’ont découvert le projet alors que celui-ci était déjà lancé : le groupement conduit par Dalkia a remporté le marché public, la Ville de Paris est déjà engagée dans l’acquisition des terrains et la société d’économie mixte chargée de porter le projet a été créée. Les décisions ont été prises sans que les vitriots soient informés du projet, comme si l’avenir d’un territoire n’appartenait pas à ses habitants et que des décisions concernant la santé publique pouvaient être prise par des grandes entreprise ou des élus déconnectés des territoires.
    Le projet d’incinérateur est un exemple dramatique des décisions qui nous amènent maintenant à vivre dans un environnement contaminé. Notre organisation syndicale appelle à un sursaut : notre travail, notre santé et particulièrement celle des enfants dont nous avons la charge doivent être défendus. Si les notions de démocratie ou de droits environnementaux (dont celui à la vie dans un environnement sain) que nous apprenons à nos élèves ont un encore un sens, le projet d’incinérateur doit être abandonné.

Pour s’engager
Signer la pétition apolitique porté par le collectif contre le projet Thermo-sur-Seine :
https://agir.greenvoice.fr/petition...

Laisser un avis sur le site de la consultation publique (avant le 1er novembre 2026)
https://www.thermo-sur-seine-concer...
Exemple d’avis que vous pouvez rédiger :
Je m’oppose au projet de construction d’un 4e incinérateur dans le département du Val-de-Marne. La mise en service de cet incinérateur dans un cadre urbain dense représente un danger pour la santé des habitants et des travailleurs (pollutions aux métaux lourds, aux dioxines, aux PFASS, aux particules fines et extra-fines). C’est un projet disproportionné qui ne répond pas aux enjeux environnementaux actuels (réduction des déchets et de la consommation énergétique). Son processus de décision est révélateur d’un déni de démocratie et de justice sociale.