30 août 2026

les personnels

Rentrée 2026 : bilan de situation et CR de l’audience avec le Recteur

Rentrée 2026 : bilan de situation et CR de l'audience avec le Recteur

Rentrée 2026 : Compte rendu de l’audience avec le recteur de l’académie de Créteil

Le 26 août 2026 à 16 h 30, la section des non-titulaires du SNES-FSU Créteil a participé à une audience accordée par le recteur de l’académie de Créteil, M. Jean-François Chanet, à une délégation intersyndicale composée du SNES-FSU, de FO, de la CGT Éduc’action et de l’UNSA.
Étaient également présents M. David Béraha, directeur des ressources humaines, et M. Julien Lalive, chef de la DPE (division des personnels enseignants).

Cette audience portait sur la situation des personnels non-titulaires dans l’académie à l’approche de la rentrée 2026. Toujours mobilisé pour défendre la reconduction systématique des contrats des personnels non-titulaires au sein de l’académie, le SNES-FSU a présenté, avec le reste de la délégation, un ordre du jour portant sur les questions suivantes :

1. Quel est le nombre de personnels non reconduits à ce jour ? Pour quels motifs et dans quelles disciplines ?
2. Quel est le nombre de contrats actuellement en cours de préparation ?
3. Quel est le taux de couverture des postes au sein des établissements de l’académie ?
4. Quel impact les cyberincidents de cet été ont-ils sur les affectations, la préparation et l’envoi des contrats ainsi que sur le versement des salaires ?
5. Qu’en est-il des collègues n’ayant reçu ni courrier de non-renouvellement ni proposition de contrat ?
6. Qu’en est-il des demandes de révision d’affectation formulées par des collègues affectés à plus d’une heure trente de trajet de leur domicile ?
7. Qu’en est-il des collègues susceptibles d’accéder au CDI au cours de l’année et dont le CDD n’a pas été reconduit ?

1. Des centaines de collègues laissées dans l’incertitude
Selon les chiffres communiqués par le rectorat, l’académie de Créteil compte aujourd’hui environ 1 900 personnels en CDI et 2 700 en CDD. Le rectorat indique avoir proposé près de 3 000 contrats pour cette rentrée.
Parallèlement, 412 courriers de non-renouvellement ont été envoyés, dont 94 correspondent à des non-renouvellements fermes.
Les 318 autres collègues restent donc dans le « vivier », autrement dit, elles et ils sont susceptibles d’être rappelées à la rentrée ou dans les semaines qui suivent, en fonction des besoins identifiés par les cheffes d’établissement et portés à la connaissance du rectorat.

318 collègues sont donc laissées dans l’angoisse et l’attente, parfois tout au long de l’été, sans savoir s’ils et elles auront du travail, où, ni quand.
Nous avons rappelé avec force que cette situation est inacceptable pour les agents concernées. Il n’est tout simplement pas compréhensible qu’une académie confrontée à des besoins aussi importants ne reconduise pas directement les contrats, à l’année, afin que les agents puissent bénéficier d’une continuité de rémunération, même lorsqu’une affectation précise n’est pas encore disponible.
Une telle politique permettrait également de disposer immédiatement d’agents pour occuper les postes qui, nous le savons, ne manqueront pas de devenir vacants au cours de l’année : congés maladie, accidents, démissions et autres situations imprévisibles.
C’est précisément ce caractère imprévisible des besoins que le rectorat invoque pour justifier les non-renouvellements. Malgré la négation affichée de toute contrainte budgétaire dans les choix d’affectation, le rectorat continue pourtant de gérer les personnels contractuels en attendant d’être confronté à un manque effectif de personnel avant de faire appel, au compte-gouttes, aux collègues restées dans le vivier.
« Les années se suivent mais ne se ressemblent pas », nous a-t-il été répondu. Les disciplines en tension et les besoins seraient différents d’une année à l’autre et, surtout, « imprévisibles ».
Le SNES-FSU répond qu’un fait demeure parfaitement prévisible : au cours de l’année, l’Éducation nationale aura toujours besoin de personnels non titulaires. Autant, dès lors, reconduire systématiquement les contrats dès le mois de juin.

Cette rentrée illustre d’ailleurs parfaitement cette contradiction : l’académie a besoin d’enseignantes en technologie et en sciences physiques. Les premieres avaient pourtant fait l’objet de licenciements massifs il y a trois ans. Quant à certaines collègues nouvellement recrutées en sciences physiques au mois de mai, ils et elles semblent avoir tout simplement été oubliées lors de la campagne de reconduction des contrats pour cette rentrée.

2. Des contrats sont encore en cours de préparation
Certains des 318 collègues non reconduits pourraient donc se voir proposer un nouveau poste pour cette année, notamment en technologie et en sciences physiques. Le rectorat indique toutefois que toutes ne seront pas rappelés.
Les critères annoncés pour effectuer les choix, en fonction des disciplines et des besoins, sont les suivants :
• les avis portés au cours de l’année précédente lors de l’évaluation par les cheffes d’établissement ;
• puis l’ancienneté.

3. Près de 10 % des postes restent à pourvoir
De l’aveu de l’administration, tous les postes ne sont pas pourvus.
Selon les chiffres communiqués lors de l’audience, 91 % des BMP et des suppléances sont actuellement couverts, ce qui signifie que près de 10 % des besoins restent encore à satisfaire.

Combien de contrats seront proposés aux collègues dans les prochains jours et les prochaines semaines ? Nous n’avons pas obtenu de réponse précise.
Le rectorat explique que les remontées des établissements commencent seulement à parvenir à ses services et qu’il ne faut pas espérer que tous les postes soient occupés avant, au minimum, la deuxième semaine de la rentrée.
Un délai qui serait évidemment considérablement réduit si les personnels concernées disposaient déjà d’un contrat annuel.

4. Les cyberincidents compliquent encore la rentrée
Les cyberincidents de cet été ont des conséquences concrètes sur les conditions de préparation de la rentrée.
Au-delà des inquiétudes légitimes suscitées par la compromission de données personnelles et des risques qui peuvent en découler pour les agents concernés, les difficultés affectent également l’utilisation d’outils professionnels indispensables au bon déroulement de la rentrée scolaire.
Le rectorat évoque notamment :
• des retards dans la remontée des besoins des établissements ;
• des difficultés pour les collègues nouvellement recrutés à accéder à leur contrat ;
• des difficultés d’accès aux informations relatives à leur affectation.

Autant de problèmes qui viennent compliquer une situation déjà extrêmement anxiogène pour de nombreux collègues.

Le rectorat indique avoir demandé aux cheffes d’établissement de contacter directement les personnels par téléphone dès qu’ils ont connaissance de leur affectation. Encore faut-il que cette consigne soit effectivement connue et appliquée partout, et que les cheffes d’établissement disposent du temps nécessaire pour contacter les collègues concernées dans des délais compatibles avec la préparation de la rentrée.

Concernant le versement des salaires, le rectorat n’anticipe pas, à ce stade, de difficulté dans la préparation des paies.
Nous resterons néanmoins vigilants quant au versement effectif des rémunérations, dans un contexte où plusieurs systèmes informatiques publics ont été affectés par des incidents de cybersécurité.

5. Des collègues sans réponse, notamment en sciences physiques
Certains collègues n’ont reçu à ce jour ni courrier de non-renouvellement ni proposition de contrat.
Cette situation concerne notamment des collègues enseignant les sciences physiques, qui semblent ne pas avoir été intégrés à la campagne de reconduction dans les mêmes conditions que les autres personnels.
Le rectorat assure actuellement procéder à une régularisation de la situation. Si vous êtes dans cette situation et que vous ne recevez pas de proposition de contrat dans les prochains jours, contactez-nous.

6. Des demandes de révision d’affectation qui aboutissent rarement
La majorité des demandes de révision d’affectation — pour ne pas dire la quasi-totalité — n’aboutissent pas, quels que soient les motifs invoqués : temps de trajet excessif, service partagé entre plusieurs établissements, etc.
Le problème se pose particulièrement pour les affectations en Seine-et-Marne, département très étendu, où les distances et les conditions de transport peuvent rendre certaines affectations extrêmement difficiles à accepter.
Pour sa défense, le rectorat rappelle que 61 % des collègues ont été affectés sur leur vœu n° 1, contre 42 % l’année dernière.

Il a toutefois été précisé que ce chiffre concerne l’ensemble des personnels concernés par la campagne d’affectation, incluant les personnels non-titulaires mais également les TZR. Il aurait donc été utile de connaître plus précisément la part des seuls personnels non-titulaires dans ces 61 %...
Le rectorat indique également que :
• 78 % des collègues sont affectés sur un seul BMP ;
• 18 % sur deux BMP ;
• environ 4 % sur trois BMP ou davantage.

Ces chiffres restent insatisfaisants pour le SNES-FSU.
Même si une amélioration dans la gestion des affectations peut être constatée, elle demeure relative au regard du nombre de collègues qui continuent à subir des affectations particulièrement difficiles.
La justification par les « nécessités de service » ne peut conduire à faire peser sur les personnels l’ensemble des conséquences d’une gestion insuffisante des moyens humains.
Les personnels ne sont pas là pour absorber indéfiniment les dysfonctionnements du système et accepter toutes les contraintes qui leur sont imposées.

Faire toujours plus avec toujours moins — moins de moyens matériels, moins de moyens financiers et moins de personnels — n’est pas une politique éducative. C’est une logique incompatible avec l’amélioration du service public et des conditions de travail de celles et ceux qui le font vivre.

7. Et les collègues susceptibles d’accéder au CDI au cours de l’année ?
Que dire des collègues susceptibles d’être « CDIsables » au cours de l’année et auxquels la reconduction de leur CDD pour la rentrée a été refusée au motif d’une absence de besoin ?
S’agit-il d’un oubli ? D’une erreur de gestion ? D’une décision délibérée ?
Si le rectorat lui-même est soumis, comme l’ensemble du service public, à des contraintes qui compliquent le travail de ses services, il n’en demeure pas moins que les conséquences de ces difficultés ne doivent pas être supportées par les agents concernés. Les agents ne doivent pas être les victimes des dysfonctionnements administratifs.

M. Lalive et M. Béraha nous ont indiqué que les collègues se trouvant dans cette situation devaient bénéficier d’une reconduction de leur CDD jusqu’à la date à laquelle ils pourront accéder au CDI au cours de l’année. Si vous êtes concernée, faites-vous connaître auprès de nous.

Le SNES-FSU restera mobilisé
M. Lalive et M. Béraha nous ont assuré de leur collaboration dans le traitement individualisé des situations problématiques.
Nous invitons donc vivement les collègues concernées à nous faire connaître leur situation afin que nous puissions intervenir au plus vite auprès du rectorat et défendre leurs droits.

Et parmi les sujets d’inquiétude récurrents : le retard dans l’envoi des attestations employeur afin que les collègues puissent commencer à toucher le chômage. Si cela n’est pas effectif sous 8 jours, contactez-nous au plus vite !

Nous avons également demandé à l’administration de nous communiquer, une fois les données stabilisées — vraisemblablement aux alentours du mois d’octobre — le nombre définitif de postes pourvus et les données relatives aux contrats proposés.

Ces éléments nous permettront de comparer les données du rectorat avec celles dont nous disposons et de poursuivre la démonstration de ce que nous défendons depuis plusieurs années : la reconduction systématique des contrats annuels des personnels non-titulaires est une mesure à la fois juste, efficace et conforme aux besoins réels du service public d’éducation.
Elle permettrait :
• de garantir une plus grande sécurité économique et professionnelle aux agents ;
• de réduire l’incertitude et l’angoisse liées à l’attente d’une affectation ;
• de disposer immédiatement de personnels qualifiés lorsque des besoins apparaissent ;
• et, surtout, de permettre à l’Éducation nationale de remplir sa mission première : garantir une enseignante devant chaque classe.

Profitez de la rentrée pour adhérer ou renouveler votre adhésion au SNES-FSU ! Toutes les infos sur notre site pour une adhésion simple et rapide en ligne : https://creteil.snes.edu/Adherer.html