7 septembre 2018

actu des établissements

Rentrée 2018 catastrophique : les enseignants du lycée Mozart dénoncent les mensonges du Conseil Régional

Lors de leur venue au lycée le 21 mai 2017, les représentants du Conseil Régional s’étaient
engagés à ce que les travaux de rénovation du chauffage soient achevés et des préfabriqués installés pour la rentrée 2018. Rappelons que cette visite concluait des années de lutte et de blocus des élèves, des parents et des personnels sur la base d’une revendication qui ne peut que sembler raisonnable dans la région la plus riche de la 7e puissance mondiale au 21e siècle : que le lycée soit chauffé et isolé.
Or quelle est la situation ce vendredi 31 août ? Les bâtiments provisoires sont encore en
plein chantier. On nous annonce à présent, de manière évasive, qu’ils seront livrés à la rentrée des vacances de la Toussaint... Les travaux de réfection du système de chauffage et d’aération qui devaient avoir lieu pendant l’été n’ont quant à eux même pas commencé ! Rappelons pourtant que les élèves ont été contraints cette année d’aller passer au mois de juin les épreuves du baccalauréat dans d’autres lycées afin que les travaux, nécessitant un gros oeuvre, puissent avoir lieu. Enfin, les travaux de rénovation prévus au CDI n’ont également pas eu lieu, alors même que les documentalistes et personnels du lycée avaient été mobilisés toute la fin de l’année pour vider le CDI, et cela afin que les travaux puissent être effectués rapidement.
Pourtant, dès le mois de janvier, les membres du conseil d’administration du lycée avaient
formulé une demande mandatant le proviseur auprès du Conseil Régional afin d’obtenir le plus
rapidement possible un échéancier précis et des informations complètes et fiables sur le
déroulement des travaux du chauffage et l’installation des préfabriqués. Alors même que nous avons ensuite renouvelé à de multiples reprises ces demandes, nous n’avons jamais eu aucune réponse ni pu rencontrer les personnels de la Région en charge de ce dossier, ce qui nous conduit aujourd’hui à assurer la rentrée dans des conditions catastrophiques :
- Les effectifs du lycée sont en constante augmentation : 1065 élèves sont annoncés pour cette
rentrée, soit environ 30 élèves de plus que ce qui était initialement prévu. Il y a peu d’années nous n’étions encore qu’un peu plus de 600. En l’absence des préfabriqués promis, certains cours sont placés dans des salles inadaptées dans lesquelles il sera impossible de travailler. Il y aura des cours cette année encore le mercredi après-midi pour de nombreuses classes, de Seconde notamment, ce qui menace l’existence de l’UNSS (association sportive) qui voit fondre le nombre de ses adhérents.
N’ayant pas été consultés avant l’installation des préfabriqués, de nombreux et graves problèmes apparaissent : aucun espace n’est prévu pour accueillir un bureau pour la vie scolaire. Aucun sanitaire ni toilettes ne sont prévus dans ces bâtiments de 8 classes soit pourtant près de 300 élèves !
Nous n’avons pas non plus d’infos en ce qui concerne l’accès par les personnes à mobilité réduite ni en ce qui concerne les conditions réelles du travail des agents. Enfin, les membres de la commission Hygiène et Sécurité du Rectorat, venue visiter le lycée en septembre dernier, a relevé que l’installation de ces bâtiments posait des problèmes de sécurité au niveau des accès et de la circulation des élèves.
Nous n’avons toujours aucune réponse précise et circonstanciée sur ces sujets, sauf une : le refus par la Région d’embaucher du personnel de ménage supplémentaire pour nettoyer des bâtiments situés en extérieur, le refus du Rectorat de créer des postes de surveillants pour assurer la sécurité d’élèves à l’extérieur, à l’abri des regards et en lisière de parc.
- On nous annonce maintenant selon un calendrier fantaisiste que les travaux du chauffage, qui à l’heure actuelle n’ont toujours pas débuté, se dérouleront tout au long de l’année pendant les petites vacances de telle sorte que les cours ne seraient pas perturbés. Cependant, si le chantier se déroule effectivement sur l’ensemble de l’année, il rendra impossible, par le bruit et les nuisances liées à tout gros oeuvre, le bon déroulement des cours. Gageons que la réalité sera toute autre que celle qu’on nous annonce, si jamais les travaux démarrent un jour…
Plus préoccupant encore, non seulement nous pouvons supposer que le chauffage ne sera pas
fonctionnel cette année mais nous n’avons pour l’heure aucune information sérieuse sur la manière dont le lycée sera chauffé cet hiver. La Région compterait-elle sur une accélération du
réchauffement climatique ?
Cela fait maintenant plusieurs fois que la Région ne tient pas ses engagements pourtant soi disant fermes. A quoi sert une négociation si on n’a aucune garantie que ses résultats soient
appliqués ? Aucun engagement des autorités n’a plus aucune valeur à nos yeux.
Nous constatons que la Région a tout simplement décidé de laisser dépérir ce lycée dans un
état de vétusté avancé comme l’illustrent encore les deux très importantes inondations du lycée cet été. Ces dégâts des eaux considérables auraient dû nécessiter l’intervention de prestataires de service extérieurs. Or ce sont les agents du lycée qui, au détriment de la préparation de la rentrée, ont été mobilisés à plein temps et ont été singulièrement épuisés par ce sinistre. S’agissant des nouveaux bâtiments, aucune embauche d’agents supplémentaires n’est par ailleurs prévue, ce qui est aussi bien scandaleux que dangereux. Nous exigeons toute affaire cessante la création de deux postes d’agents supplémentaires pour assurer l’hygiène et la sécurité élémentaires del’établissement.
Nous serions enfin curieux de savoir s’il existe réellement un appel d’offres, sa date, son
contenu, le cahier des charges et ce qui a été convenu avec les entreprises... Et nous demandons déjà que le Maire du Blanc-Mesnil qui est conseiller régional et représentant de la Région en charge du lycée (qui n’est jamais venu à aucun Conseil d’Administration du Lycée non plus qu’à la rentrée) se déplace au lycée pour rendre des comptes sur ces travaux fantômes.