2 juillet 2026

les personnels

Moyens AED à la rentrée de septembre 2026 : des équipes de Vie Scolaire toujours plus fragilisées dans les collèges et les lycées de l’académie

À l’occasion des CSA départementaux de Seine-Saint-Denis (93), du Val-de-Marne (94) et de la Seine-et-Marne (77), le SNES-FSU est intervenu pour dénoncer les diminutions de moyens alloués aux assistantes d’éducation (AED) à la rentrée de septembre 2026.

Si les situations diffèrent d’un département à l’autre, une même logique comptable se dessine dans l’académie : les moyens de Vie Scolaire continuent d’être réduits, alors même que les besoins des établissements restent importants et que les missions confiées aux AED ne cessent de s’accroître, voire d’exploser.

En Seine-Saint-Denis : des suppressions malgré des effectifs en hausse

En Seine-Saint-Denis, les documents préparatoires faisaient apparaître une augmentation prévisionnelle des effectifs de collèges à la rentrée 2026.

Malgré cette évolution démographique, plusieurs établissements perdent des fractions de postes d’AED pour la rentrée prochaine (lycée Maurice Utrillo de Stains -1ETP, lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen -0,33 ETP, lycée Jean-Pierre Timbaud d’Aubervilliers -0,33 ETP, collège Rosa Luxembourg d’Aubervilliers – 0,5 ETP, collège Pablo Neruda de Aulnay-sous-Bois – 1 ETP, collège Louise Michel de Clichy-sous-Bois – 0,5 ETP, collège Marcel Cachin du Blanc Mesnil – 1 ETP, et la liste est longue).

Le secteur CPE du SNES-FSU Créteil dénonce les suppressions de moyens dans des établissements confrontés à des difficultés sociales et éducatives importantes, la plupart du temps en éducation prioritaire. Il rappelle que chaque fraction de poste retirée représente concrètement moins de présence adulte auprès des élèves sur le terrain, moins de disponibilité pour le suivi éducatif, la prévention du harcèlement, l’accompagnement des jeunes les plus fragiles et la participation à sécurité dans les établissements.

Le secteur CPE du SNES FSU Créteil souligne également que ces diminutions fragilisent progressivement les équipes de Vie Scolaire, mais aussi l’ensemble des personnels des établissements, en reportant sur eux une charge de travail toujours plus importante.

Dans le Val-de-Marne : des retraits de moyens qui interrogent

Dans le Val-de-Marne, la diminution globale représente moins d’1 ETP à l’échelle départementale. Pour autant, cette apparente « stabilité » masque une réalité beaucoup plus préoccupante : plusieurs collèges et lycées voient en réalité leur dotation de postes AED diminuer.

Sont notamment concernés les collèges Léon Blum (Alfortville), Dulcie September (Arcueil), Gustave Monod (Vitry-sur-Seine), Clément Guyard (Créteil), ainsi que les lycées Édouard Branly (Nogent-sur-Marne) et Christophe Colomb (Sucy-en-Brie). Les collèges Léon Blum et Gustave Monod relèvent de l’éducation prioritaire.

Par ailleurs, les documents académiques montrent que les effectifs des collèges du Val-de-Marne demeurent globalement stables. Les effectifs constatés à la rentrée 2025 étaient même supérieurs de 385 élèves aux prévisions initiales et les prévisions académiques faisaient apparaître une hausse de 221 élèves entre les prévisions 2025 et les prévisions 2026.
Ces éléments montrent qu’il est difficile de justifier les retraits de moyens AED par une baisse démographique significative.

En Seine-et-Marne : on fait toujours plus avec toujours moins

Malgré de nombreuses ouvertures de collèges ces trois dernières années (10), les moyens en assistance éducative demeurent loin d’être suffisants.

« Dévêtir l’un pour habiller l’autre » : voilà la logique qu’il a été choisi d’adopter dans le département. Le collège des Capucins à Melun perd ainsi 0,25 ETP, le collège de l’Europe à Dammartin-en-Goele perd 0,5 ETP, le collège Claude Monet à Bussy-ST-Georges perd 0,5 ETP, et la liste continue, abondant a contrario les nouveaux établissements.

Le secteur CPE du SNES-FSU Créteil dénonce cette stratégie de « pass pass », et milite avec force pour que les moyens d’AED ne soient pas redéployés au mépris de la réalité du terrain, mais abondés partout où cela est nécessaire.

Des missions toujours plus nombreuses

Au-delà des chiffres, le secteur CPE du SNES-FSU Créteil tient à rappeler que les assistantes d’éducation occupent aujourd’hui une place essentielle et centrale dans le fonctionnement quotidien des établissements.
Ils et elles, en lien avec les CPE, participent au suivi de l’assiduité, à la lutte contre le décrochage scolaire, à la prévention du harcèlement, à l’accompagnement éducatif des élèves, à la sécurité physique et affective des élèves ainsi qu’au maintien d’un climat scolaire serein.

Dans le même temps, l’institution demande aux établissements de renforcer la prévention, le suivi des élèves, la lutte contre la violence, le harcèlement et l’amélioration du climat scolaire. Comment y parvenir en perdant des moyens ?

Réduire le nombre d’AED dans un établissement scolaire tout en exigeant davantage des équipes constitue une contradiction majeure et très inquiétante.

Le SNES-FSU revendique des moyens à la hauteur des besoins sur le terrain

Pour le SNES-FSU, les assistantes d’éducation ne peuvent être considérées comme une variable d’ajustement budgétaire.

Les équipes de Vie Scolaire ont besoin de stabilité, de renforts et de moyens pérennes pour exercer leurs missions. Dans une académie où les enjeux éducatifs, sociaux et humains restent particulièrement importants, la présence d’adultes auprès des élèves est un investissement indispensable pour la réussite scolaire, la protection des élèves et l’amélioration du climat scolaire.

Le secteur CPE du SNES-FSU Créteil continuera de faire porter sa voix au sein de toutes les instances départementales comme académiques, pour défendre la conception d’équipes de Vie Scolaire renforcées et de moyens humains, AED comme CPE, à la hauteur des besoins réels des établissements comme des élèves.