4 juin 2026

militer

Motion CAA SNES-FSU Créteil du 4 juin 2026.

La commission administrative académique du SNES-FSU Créteil s’est réunie le jeudi 4 juin 2026. Elle a voté la motion d’orientation suivante.

La situation internationale est marquée par plusieurs conflits menés par des régimes d’extrême-droite et réactionnaires. La Russie poursuit sa guerre en Ukraine, continuant à déstabiliser l’ensemble de la région et impactant durablement l’économie mondiale, par des hausses constantes des prix des matières premières et de l’énergie. Israël poursuit ses opérations militaires au Liban, rasant des quartiers et des ensembles urbains entiers dans le Sud de Liban et obligeant de nouveau les populations à se déplacer. Le conflit, malgré un cessez-le-feu officiel, se poursuit dans la bande de Gaza et les opérations génocidaires de l’armée israélienne n’ont pas cessé, loin de là : près de 900 Gazaouies ont perdu la vie depuis octobre 2025. Enfin, si la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a cessé pour l’instant, la tension reste très forte dans le Golfe Persique, entraînant un choc inflationniste sur l’ensemble de la planète, dont l’ampleur n’est pas encore complètement ressenti dans notre pays. Encore une fois, ce sont les civiles qui paient les décisions des gouvernements.
Dans ce contexte, le SNES rappelle sa solidarité avec tous les peuples qui luttent pour leur droits et leur liberté de choisir leur avenir. Il porte un discours clair auprès des personnels et de ses syndiquées basé sur : le refus de la logique de guerre, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’importance des négociations internationales pour résoudre les conflits en cours, la possibilité d’une culture de la paix fondée sur la collaboration et la solidarité entre États, l’engagement pour le désarmement, la solidarité avec les organisations syndicales des pays en guerre pour les soutenir et informer ses syndiquées de ce qu’il se passe réellement sur place.

La France a été touchée par un épisode caniculaire exceptionnel au mois de mai, inédit depuis 1922, qui a fortement perturbé les établissements scolaires. Dans l’académie de Créteil, sur les établissements ayant répondu à l’enquête organisée par le SNES, 80% ont déclaré des températures supérieures à 28° dans les salles de classe, mettant en danger les personnels comme les élèves. Cette crise révèle d’abord l’impréparation de l’Éducation nationale à faire face à ces épisodes, alors que ces derniers se multiplient depuis quelques années. Elle montre aussi la fragilité du bâti scolaire qui n’est pas fait pour faire face à des températures élevées sur de longues durées, même dans les établissements plus récents pourtant censés répondre à des normes plus élevées. D’autre part, alors que certains discours sécuritaires et réactionnaires parlent de « sanctuarisation » des établissements, force est de constater que cette dimension n’est pas du tout prise en compte quand il s’agirait de la décliner dans sa dimension écologique et sanitaire pour les personnels et les usageres afin de garantir de meilleures conditions de travail et d’études. Elle illustre enfin l’incurie du ministère qui se contente, à chaque épisode, de donner quelques vagues conseils de bon sens (fermer les fenêtres quand il fait chaud et boire régulièrement) sans engager aucune politique sérieuse de prévention, à fortiori dans les villes et quartiers où les familles sont déjà exposées à l’habitat insalubre. Il faut donc un effort d’investissement important de l’État et des collectivités territoriales pour préparer le système éducatif au réchauffement climatique. Ces derniers doivent aussi préparer les périodes de canicule, adapter les horaires et réfléchir à l’organisation de l’année scolaire. Le SNES-FSU doit continuer à faire campagne sur ces questions tout au long de l’année. Il est important d’exploiter le succès de notre campagne de communication pour diffuser nos mandats auprès de la profession et de l’ensemble de la population. Certaines revendications sont à approfondir, pour décarboner l’ensemble du système éducatif, comme l’affectation des TZR et des non-titulaires beaucoup trop loin de leurs domiciles.

En France, le pays connaît une forte hausse des prix depuis le début du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Si le choc inflationniste est déjà important, les économistes envisagent une accélération de l’inflation après l’été 2026. Dans ce contexte, le blocage des salaires dans la fonction publique met les personnels particulièrement en difficulté. Le gouvernement annonce une hausse du SMIC au 1er juin de 2,41%, ce qui va aggraver le décrochage de la fonction publique au niveau salarial. Plutôt de débloquer les budgets nécessaires, le gouvernement minoritaire s’est d’ailleurs empressé de décider d’économiser 6 milliards d’euros sur le budget 2026 ! Il apparaît évident que le SNES et la FSU ne peuvent rester inactifs devant cette accélération de la perte de pouvoir d’achat des personnels. Dès maintenant, ils doivent revendiquer un déblocage des salaires et un plan de rattrapage qui permette de compenser l’inflation et de rattraper le retard pris depuis 2011.

De plus en plus, le débat public est marqué par l’approche des élections présidentielles qui semble paralyser les appareils politiques. L’extrême-droite a engrangé des succès aux municipales, ce qui risque de faire entrer ces mouvements au Sénat, et reste en tête des intentions de vote, ce qui pèse sur l’ensemble des acteurs publics. Cet ancrage confirme le besoin pour la FSU et le SNES de mettre le combat contre l’extrême-droite au cœur de son agenda. De plus, ils ne peuvent pas en rabattre sur leurs revendications. Au contraire, la période est propice à porter nos revendications et à lancer des mouvements de grève pour construire le rapport de force et peser sur le débat public. Ce n’est pas en attendant tranquillement le dénouement des élections que nous pourrons peser, c’est au contraire en occupant le terrain, en construisant des actions et en montrant à la profession que le syndicat reste un outil fondamental pour en finir avec l’extrême-droite et ses soutiens.

La mobilisation continue dans les établissements construits dans des communes concernées par la PLV après 2001. : 2 journées de grève, une audience au rectorat a eu lieu et de 2 demandes d’audience au ministère qui sont restées sans réponse. Le ministère se base sur une liste des établissements PLV (situées dans des communes avec des QPV) de 2001 et présente dans les LDG nationales pour attribuer les points à l’inter et le rectorat a fait, plus ou moins de même. En effet les établissements construits entre 2001 et 2013 ont pu bénéficier de l’ASA et des points de mutations PLV puis ceux construits après 2013 non avec quelques exceptions, certains collègues ont pu bénéficier de l’ASA mais pas des points de mutations. Dans notre académie, les communes entières sont généralement classées. Depuis mars 2025, le rectorat a commencé à clarifier les choses (c’est-à-dire à enlever les points et les ASA aux collègues concernés qui enseignent dans des communes PLV) et en mars 2026 un arbitrage a été rendu en lien avec le ministère. Celui-ci prévoit le stricte respect de la liste de 2001 au point qu’un établissement du 94 qui avait déménagé mais avait conservé son RNE et son classement a fini par être déclassé car il a changé de nom et n’apparaissait donc pas ainsi sur la fameuse liste de 2001. Il a été décidé au CDFN du mois de mai de faire un recours en FSU au TA car le SNES, SNUEP et SNEP sont concernés et peut-être même le SNUIPP (pour les écoles de Mayotte). Les collègues de Créteil attendent beaucoup de ce recours car un de nos militantes a déjà gagné au TA sur le même sujet l’an dernier. Il est donc urgent que cette procédure soit lancée le plus rapidement possible.
Cette situation est révélatrice d’un dialogue social complètement biaisé dans l’académie de Créteil, les situations de blocage se multiplient sans qu’aucune résolution ne puissent être envisagée. Les divers interlocuteurs et interlocutrices naviguent entre mauvaise foi, vérités alternatives, mensonges pour esquiver les décisions qui pourtant leur reviennent. Les collègues sont de plus en plus excédées, les militantses également.

Collège
Les victoires récentes des personnels contre le choc des savoirs n’ont pas arrêté le gouvernement dans son offensive contre l’école publique et le collège en particulier.

Cette offensive se poursuit tous azimuts.

Sur le front de l’éducation prioritaire, trois sénateurs ont présenté une proposition de loi qui redéfinirait totalement les critères pour y entrer ou y rester. Adieu les critères sociaux et gloire aux résultats aux évaluations standardisées et à l’excellisation à outrance. Le plan « 800 collèges » ou « collèges en progrès », dont les établissements sont ciblés via les résultats au DNB, participe également à la même philosophie : il s’agit bel et bien de pulvériser l’éducation prioritaire et une fois de plus de sacrifier nos élèves les plus fragiles.

Ce plan se double également d’une entreprise grandissante de caporalisation des personnels à travers la présence d’IPR à demeure dans les établissements. Tout indique donc que les personnels seraient responsables des difficultés des élèves par des méthodes pédagogiques inadaptés. Le SNES-FSU appelle les collègues à ne pas participer aux travaux liés aux 800 collèges dans les établissements. Il outille les collègues pour les aider à boycotter ces dispositifs. Qui plus est, iels ne seraient pas assez impliqué.es et trop tôt en vacances : ainsi, les voilà mobilisé.es jusqu’au 10 juillet pour les commissions d’harmonisation du DNB ou des réunions de fin d’année. Le SNES-FSU se tient aux côtés des collègues pour lutter contre cette nouvelle lubie spécifique aux académies d’Ile de France. Il dénonce la poursuite de la politique visant à réduire les temps de repos des personnels sans compensation, aggravant la crise d’attractivité du métier.

Avec la volonté de généraliser le passeport Educfi à l’ensemble des classes de 4e, via une note de service sans valeur réglementaire, le ministère poursuit le déploiement d’un dispositif qui concurrence les enseignements disciplinaires et remet en cause la liberté pédagogique. Derrière une prétendue « éducation financière » neutre se diffuse une vision idéalisée de l’économie de marché, aux antipodes de la formation de citoyennes éclairées et critiques.

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray annonce également la création d’un concours général des collèges. S’il s’agit de faire de ce concours général l’antichambre du concours général des lycées, symbole d’une forme d’élitisme et d’entre soi, le SNES-FSU le réaffirme avec force, notre système éducatif n’a pas besoin de ça ! Depuis des semaines, à travers les mobilisations pour la rentrée 2026, les personnels, avec le SNES-FSU, montrent que leurs préoccupations premières est bien la réussite de l’ensemble des élèves, entravée par les choix budgétaires et politiques du gouvernement.

D’ailleurs, Édouard Geffray, parallèlement à cette annonce sur le concours général des collèges, a renouvelé ses propos sur la baisse du taux de réussite à l’examen et prévoit d’ores et déjà 75% de réussite au DNB, soit presque 10 points de moins que le taux de réussite actuel. Cela s’inscrit clairement dans une ligne politique qui consiste à organiser la fin de l’élévation générale des qualifications de la population.
Logique de concours et valorisation d’un « mérite » ou d’une « excellence » précoces marquent des orientations politiques qui tournent le dos à la lutte contre les déterminismes sociaux qui pèsent si lourd dans le parcours scolaire.

Le SNES-FSU, aux côtés des personnels eux aussi déterminés à ne pas en rabattre sur les ambitions émancipatrices du second degré, continuera de porter sur le devant de la scène les vrais enjeux de l’École et luttera pour obtenir des moyens au service l’instruction, la formation et la qualification de l’ensemble des élèves.

Lycée, baccalauréat
Le tribunal administratif de Montreuil vient de rendre un jugement important, exigeant de la Région Île-de-France qu’elle mette un terme à son partenariat avec Pearltrees pour la publication de ses manuels libres. L’État a lui aussi mis des personnels à disposition d’un éditeur privé qui les a salariés, ne respectant pas les règles des marchés publics et créant de fait un éditeur de manuel. Le SNES et la FSU avaient pourtant alerté la région académique des dangers de cette architecture et avaient indiqué à l’État qu’il menaçait la liberté pédagogique des collègues en couvrant le désengagement du Conseil Régional. Il s’agit maintenant de revenir à un fonctionnement plus habituel. A un moment où nos élèves cherchent des informations en utilisant massivement les IA génératives, disposer d’un manuel, choisi librement et sans labellisation par les personnels, peut être un recours pour consolider leurs apprentissages. Le SNES exige que la région Île-de-France clarifie sa position sur son investissement dans les manuels scolaires et demande à l’État de ne plus prêter le flanc à des opérations de marketing politique qui nuisent avant tout aux usagers et usagères des lycées.

Les derniers jours ont été marqués par un épisode caniculaire inédit pour le mois de mai, qui a eu des effets particulièrement négatifs sur les élèves en cours et les élèves qui passaient déjà certaines épreuves du baccalauréat. Les aménagements annoncés pour déplacer les épreuves en matinée ne concernaient pas les élèves candidats libres de bac pro le 28 mai dernier. Aucune anticipation concernant les examens n’est faite malgré la succession des crises.

La mise en place d’une épreuve anticipée de mathématiques en première générale accroît fortement la charge de travail des collègues de mathématiques, alors qu’iels doivent assumer en même temps l’épreuve du DNB, le grand oral et les écrits de spécialité. En Île-de-France, le SIEC s’est engagé à ne pas convoquer les personnels à toutes les épreuves, mais il semble que la réalité, d’après nos remontées, ne soit pas aussi simple. Nous exigeons de nouveau que le SIEC ne pratique pas la surconvocation, sépare clairement les convocations entre le grand oral et les écrits, mette à jour ses viviers en coordination avec les rectorats et privilégie les déplacements simplifiés des correcteurrices. Dans ce contexte, le SNES rappelle ses mandats d’abolition du grand oral, de retour à des épreuves nationales, anonymes et terminales et à la fin du contrôle continu. Nous ne voulons toujours pas du bac Blanquer !

Malgré les nombreuses alertes du SNES FSU et des parents d’élèves, la « séquence obligatoire d’enseignement » que constitue le stage de 2de n’a pas été supprimée. Cette proposition reste encore privée d’un cadre réaliste, déconnectée du calendrier de l’orientation et surtout source de dangers pour de nombreux élèves dont les conditions d’observation ou de travail ne sont pas sécurisées. Le stage de 2de obligatoire doit être abrogé.

L’orientation des sortantes de 2de et l’importance prise par la filière STMG met en lumière plusieurs défaillances : le manque d’enseignantes des disciplines concernées (impossibilité d’affecter des professeur.es d’éco-gestion que l’on peine à recruter), l’absence de débouchés post bac. Que promettre à ces futurs étudiantes ? Quelle motivation leur donner ?

Non-titulaires
En 2025, le rectorat de Créteil avait fait le choix de ne pas reconduire près de 500 non-titulaires, en jouant sur les temps partiels des titulaires et en tentant de réduire au maximum les cas de collègues en-dessous des maxima de services. Il avait ainsi rompu avec une politique de plusieurs années visant à fidéliser les personnels non-titulaires. Apparemment, il semblerait que le rectorat se prépare à reconduire la même stratégie en l’aggravant. Il interrompt ainsi les contrats au 31 août pour réembaucher les collègues en octobre ou novembre. Dès maintenant, le SNES-FSU avertit les collègues du danger. Il porte ses revendications d’un plan de titularisation des non-titulaires. Il fait de la lutte contre la précarité l’un des axes centraux de sa campagne des élections professionnelles.

Psy-EN, orientation
Dans les collèges, lycées, la multiplication de "référentes" continue à peser sur les missions et sur les conditions de travail des PsyEN. Des hiérarchies intermédiaires qui ne disent pas leur nom s’installent et sont la source de conflits de plus en plus nombreux.
Les mesures "santé mentale" se mettent en place englobant les infirmieres, assistantes sociales et PsyEN dans la catégorie "personnels ressource" des EPLE. L’administration considère que la formation de ces personnels et les missions sont les mêmes : repérer, orienter et rendre compte. Mais dans les établissements, le travail en équipe pluri-professionnelle est essentiel et se nourrit de chaque profession.
Le SNES-FSU sera vigilant au glissement des missions : dans un contexte de pénurie, l’administration peut en effet se saisir de l’absence de personnels de santé, sociaux et PsyEN pour imposer des missions aux personnels. Il rappellent que les PsyEN sont concepteurtrices de leurs métiers et que leur profession est réglementée.
Les pôles d’appui à la scolarité, qui ont pourtant été rejetés par le Parlement, vont se mettre en place à partir de 2026 dans le 93 et le 77 : les PsyEN seront sollicitées par ce "guichet unique" alors qu’ils et elles ont toujours exercé leurs activités auprès des équipes des EPLE et des élèves depuis la Loi de 2005. Une hiérarchie intermédiaire qui s’impose encore à tous les personnels. Elle déqualifie les PsyEN et les instrumentalise dans une course à l’optimisation du recours aux AESH, car l’administration vise une diminution des heures d’accompagnement en classe. Le SNES-FSU continue à revendiquer la suppression de ce dispositif qui s’impose sans réglementation et se mobilise pour la création d’un corps d’AESH.

AESH
Le rejet par le Parlement de la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaire pour les AESH n’a pas suffi à stopper une revendication légitime pour nos collègues et qui répond aux besoins de nos élèves. Le ministère a entamé une série de consultations visant à titulariser 20% des personnels en créant un nouveau statut de conseiller principal d’accessibilité qui ne concernerait que les AESH les plus expérimentées. Cette proposition est totalement insuffisante, alors que les AESH représentent maintenant le deuxième corps de métier de l’Education nationale. Le SNES porte au cœur de ses revendications le statut de catégorie B pour tou-tes les AESH, quelle que soit leur ancienneté.

AED
La grève du 2 juin a mobilisé un cinquième des AED du pays, selon le ministère, ce qui est important vu la précarité de cette profession et les menaces de non-reconduction de contrat qui pèsent sur des personnels précarisés. Les revendications de moyens et de salaires ont permis de faire l’unité pour appeler le plus largement possible à la grève, mais il est évident que la revendication d’une lutte réelle contre la précarité doit interroger nos positionnements. Nous ne pouvons faire l’économie, à l’approche de notre congrès national, de poursuivre la réflexion sur nos mandats et de construire une revendication claire de construction d’un corps de catégorie B pour les AED.

Rétroactivité de la prime REP-REP+
L’académie de Créteil est particulièrement concernée par cette problématique qui se situerait à plusieurs milliers de cas selon le Rectorat. L’administration cristollienne a d’abord commencé par accuser réception des dossiers des personnels qui exigeaient le versement rétroactif de la prime, puis a mis plusieurs mois à répondre. Elle s’est ensuite contentée d’envoyer à chaque collègue un protocole transactionnel mentionnant les états de service retenus et proposant un montant, sans aucune justification. A chaque fois que les militantes du SNES se sont penchées sur une convention, il est apparu que la somme proposée était systématiquement sous-évaluée. Le processus de contestation est long et il est à craindre que de nombreuxses collègues préféreront accepter le montant proposé que de se lancer dans une longue procédure de contestation. Dans ce contexte, le SNES met cette thématique à la une de sa communication. De nombreux personnels n’ont pas encore fait la démarche de réclamer les sommes auxquelles elles et ils ont droit, il est important que nous continuions à les informer et à les accompagner auprès de l’administration et dans leurs recours éventuels.

Entrée dans le métier
Les traditionnelles demandes d’audience au chef de la DPE, aux directrices de l’INSPÉ et de l’EAFC, à la doyenne des IA-IPR et présidente du jury de titularisation ont été envoyées afin d’avoir des informations sur la titularisation, la rentrée prochaine mais aussi sur la mise en œuvre de la réforme du concours. Nous espérons des réponses dans les jours qui viennent mais nous nous attendons à devoir relancer ces différentes interlocuteurrices. Pour l’instant nous n’avons que très peu d’informations sur la manière dont les choses à venir sont envisagées.
Comme chaque année, nous sommes informées de tensions entre stagiaires et tuteurrices qui génèrent beaucoup de stress et de mal-être chez nos nouveauxelles collègues et il n’est pas toujours aisé de savoir comment intervenir syndicalement. Cela était un élément qui est beaucoup ressorti lors de nos rendez-vous de préparation au jury de titularisation et il est urgent de mieux former, accompagner et rémunérer les collègues tuteurrices. Il n’y a pas eu de communication autre que syndicale au sujet de cette réforme, il y a fort à parier que l’an prochain, des nombreux tuteurrices ne saisissent pas tout de suite le statut de leur stagiaire ou découvrent les évolutions récentes en cours d’année.
Nous avons pu discuté avec relativement peu de stagiaires cette année, la communication de l’Inspé étant très distendue et nous empêchant d’être informées officiellement des jours et des sites de formation par discipline et statut. Nous avons en outre rencontré des difficultés à nous rendre sur l’un des principaux sites parce que la responsable de ce campus veut absolument que nous montrions patte blanche depuis septembre, prétextant la volonté de bien organiser notre venue et de ne pas multiplier les syndicats présents en même temps au même endroit. Cela n’arrive jamais, à chaque fois que nous nous y sommes rendues, nous avons été les seul•es. Nous profiterons de l’audience avec la directrice pour lui faire part de l’inquiétude que nous cause ce que nous percevons comme des entraves déguisées au droit syndical.

Femmes
Le congrès de La Rochelle a décidé de la création d’un GT pour traiter la question des VSS au sein du SNES-FSU. Force est de constater que, presque deux ans après, aucune discussion en dehors du travail mené par le GT n’a été engagée pour acter des modalités concrètes. Cela étant nous avons pris connaissance des différentes options formulées par le GT et, en l’état, nous privilégions l’option 2, ce qui exclut que nous nous positionnions sur les modifications du RI. Nous exigeons un bilan et une présentation des travaux de ce GT ainsi qu’une discussion large sur les modalités de traitement des VSS au SNES, seul moyen que la cellule de veille soit reconnue comme légitime. En outre, nous réclamons une vigilance accrue portée sur la constitution de cette cellule. Elle doit être composée de personnes formées, sans autre responsabilité au sein du S4, qui soient en mesure de respecter le devoir de confidentialité. Une échelle de sanction doit être constituée. Seul un groupe de camarades formées (membres de la cellule de veille, du secteur égalité,...) peut instruire les signalements et faire un rapport circonstancié anonymisé avec des préconisation pour que d’éventuelles sanctions soient décidées par le SG ou le BN, sans remise en question possible du travail effectué.
Jusqu’au prochain Congrès, nous sommes favorables à ce que la cellule de veille de la FSU poursuive le travail qu’elle a entamé pour notre syndicat, ce qui permet une indépendance importante. Pour finir, nous rappelons qu’une VSS n’est pas un conflit, elle doit donc bénéficier d’un traitement particulier.

Retraitées
Comme les actifsves, les retraité.es subissent les conséquences économiques de l’agression israélienne et américaine contre l’Iran avec une augmentation du prix de l’énergie et à terme de l’ensemble des produits de consommation. Leur pouvoir d’achat est donc à nouveau attaqué alors qu’iels ont subi déjà une perte équivalent à 3,5 mois en moyenne de pension entre 2017 et 2025 .
La préparation du PLFSS 2027 doit être l’occasion de revendiquer une indexation des pensions sur l’inflation a minima ainsi qu’un rattrapage des pertes subies. Nous n’accepterons pas que les retraitées soient les boucs émissaires, rendu.es responsables de la dette publique alors que les ultra-riches sont épargnés. Avant l’été, le Groupe des 9 décidera du principe d’une mobilisation d’ampleur des retraitées au mois d’octobre/novembre prochain.

Protection sociale complémentaire
Fermement attachées à la défense du 100 % Sécu (mandat du SNES et de la FSU) seul dispositif vraiment protecteur et solidaire, correspondant à l’esprit de la création de la Sécurité sociale, nous dénonçons toute forme de marchandisation de la santé et d’inégalités générées par la place grandissante des PSC. Le SNES-FSU profite de la période de mise en place de la PSC pour diffuser massivement ses mandats du 100% Sécu en démontrant en quoi la multiplication des protections sociales complémentaires est une attaque contre la Sécurité sociale. La priorité de l’organisation syndicale doit être de défendre ses mandats : financement de la Sécurité sociale par la cotisation, niveau de la cotisation selon ses moyens (comme c’est le cas pour la Sécurité sociale et comme cela l’était à la MGEN) et refus d’un niveau de cotisation en fonction du risque que représenterait l’assuré, prise en charge à 100% des soins, défense du principe de répartition des cotisations, solidarité intergénérationnelle. Le SNES-FSU revendique le recouplage des volets santé et prévoyance eu un seul contrat pour toutes.
Concernant la prévoyance, elle reste découplée de la santé et son coût, s’il est proportionnel au revenu, risque d’amener les plus jeunes à faire le choix de ne pas s’affilier et les plus aisés à préférer se tourner vers d’autres offres de prévoyance ou à ne pas s’affilier du tout. C’est d’ailleurs vérifié par les faits : seul-es 10% des personnels ont souscrit le contrat de prévoyance collectif, ce qui signifie que le reste des collègues se s’est affilié ailleurs ou ne bénéficie pas d’une prévoyance ! Le SNES fait campagne sur la nécessité de se protéger et invite les collègues à faire le choix du contrat collectif. Il rappelle qu’au-delà de six mois, la MGEN pourra imposer un questionnaire de santé ce qui est inacceptable et doit être retiré. Dans le cadre du déploiement de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) à partir du 1er mai 2026 pour les actifsves, les retraitées auront le choix de rester à la MGEN. en optant soit pour le contrat collectif des actifsves, soit pour un contrat individuel « spécial retraitées » que la MGEN proposerait, ou bien quitter la MGEN. Tout en restant sur nos mandats de 100 % Sécu, nous serons en soutien des retraitées qui vont s’interroger sur le choix à faire. Nous craignons que les retraitées soient défavorisées en optant pour des contrats individuels financés par les seules retraitées dont les cotisations risquent d’augmenter au fil des ans. Nous préférons leur conseiller de prendre le contrat collectif du groupe MGEN-CNP, même s’il risque d’augmenter lui aussi, afin de contraindre ce groupe à la solidarité intra et intergénérationnelle que nous défendons qui était aussi celui de la mutualité à son origine.

Élections professionnelles
La FSU prépare la campagne des élections professionnelles 2026. Notre fédération doit mettre en valeur ses mandats concernant notre métier, le système éducatif et ce qu’elle revendique pour les personnels, en insistant particulièrement sur la lutte contre la précarité en s’adressant aux personnels non-titulaires durant la campagne. Cependant, elle doit aller au-delà en affirmant ce qui fait d’elle un syndicat de transformation sociale : mandats féministes, lutte contre toutes les discriminations et écologistes pour proposer d’autres issues et d’autres alternatives au néolibéralisme, analyses prenant en compte les enjeux économiques et sociaux. Par ailleurs, nos campagnes doivent aussi valoriser les succès que nous avons obtenus. La FSU a été au cœur des luttes contre la réforme des retraites de 2023, qui ont mis en difficulté le pouvoir en place et l’ont forcé au passage en force. Elle a fait le choix d’appeler les personnels à s’engager contre l’extrême-droite et pour le programme du Nouveau Front Populaire en 2024 et a permis d’éviter l’arrivée au pouvoir du RN. Le SNES a mené, par des campagnes percutantes, une lutte efficace contre le choc des savoirs qui a mis en échec les groupes de niveaux. Nos campagnes doivent montrer que le SNES et la FSU sont des outils pertinents pour organiser les luttes et les mener, et pour gagner !

Situation et fonctionnement du SNES-FSU

Si plusieurs réunions visant à analyser les difficultés de fonctionnement du SNES-FSU se sont déroulées, en particulier le CN du mois de mars, la situation de blocage se maintient au sein du SNES-FSU national. Depuis la démission d’Emmanuel Séchet, aucune nouvelle élection de secrétaire général-adjoint-e n’a pu se dérouler. Le nombre de secrétaires nationaux a même diminué. La CAN de juin doit être l’occasion d’avancer et de répondre aux besoins du fonctionnement du SNES-FSU : conforter et donner à Sophie Vénétitay les moyens de travailler sereinement en réaffirmant la ligne politique défini par le congrès national.
Le SNES-FSU est un syndicat de luttes et de transformation sociale dont le but est de porter et de faire gagner toutes les revendications de nos collègues. En cela, il est le premier recours de la profession sur tous les sujets qui touchent directement aux carrières, aux salaires et aux mutations. Il est le premier recours des personnels lorsqu’iels font face aux maltraitances de notre employeur. Il porte toutes les questions qui préoccupent les personnels du second degré, dans leurs salles de classe, leurs bureaux, leurs établissements et dans l’espace public : montée de l’extrême-droite, refus des politiques néo-libérales de casse des services publics, dénonciations des conflits impérialistes et expression d’une véritable solidarité entre les peuples, lutte pour l’égalité femmes-hommes et contre toutes les discriminations, conséquences du changement climatique et transformation écologique. Le SNES-FSU, en tant qu’organisation majoritaire, est l’outil qui permet aux personnels, dans toute leur diversité, de s’organiser, de se former et de lutter ensemble pour gagner.

Action
Le SNES-FSU développe son travail de lutte contre l’extrême-droite. Il propose des stages syndicaux aux militantes et aux collègues. Il médiatise ses analyses sur le programme des extrêmes-droites de manière large, en direction des collègues comme de l’ensemble de la population. Il est urgent de nous organiser parce que les actions de l’extrême droite se multiplient dans l’ensemble du pays. L’entrée au gouvernement de ministres issus de partis d’extrême-droite constituerait le franchissement d’une ligne rouge et le SNES- FSU appellerait alors les collègues à se mobiliser immédiatement sous toutes les formes qui se présenteraient.

Le SNES-FSU soutient et appelle à participer aux rassemblements et mobilisations, pour l’arrêt du génocide perpétré par Israël à Gaza, la fin des massacres et un cessez-le-feu immédiat, l’accès à l’aide humanitaire et sanitaire, la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens et de tous les otages israéliens détenus par les groupes armés palestiniens, la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, une paix juste et durable entre Palestiniennes et Israéliennes, par le respect du droit international. Il participe, dans le cadre intersyndical le plus large possible, aux actions de solidarité avec les peuples en guerre ou opprimés organisées actuellement, dans le respect de ses mandats, comme sur l’Ukraine, le Soudan, la RDC ou l’Iran.

Le SNES-FSU appelle les AESH à la grève et à la manifestation le 9 juin 2026 pour un statut de catégorie B pour toutes et tous les AESH.

Le SNES-FSU organise une campagne auprès de la profession à la rentrée pour sensibiliser les collègues à l’adhésion à une prévoyance, en présentant le contrat collectif.

Dans un contexte inflationniste et après l’augmentation du SMIC qui a pour conséquence de faire commencer certains stagiaires en dessous du SMIC , le SNES-FSU prépare un plan d’action à la rentrée sur la revalorisation de tous les métiers du second degré avec une attention particulière à celles et ceux qui sont les plus précarisés (non-titulaires, AED et AESH). Cette revalorisation doit passer par une augmentation significative du point d’indice. Pour mobiliser la profession et construire une mobilisation forte et dans la durée, le SNES-FSU décide :
• de continuer à porter ses revendications pour un autre budget auprès de la population, de l’intersyndicale et des forces politiques : un déblocage des salaires et des pensions et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis 2011, l’abandon des jours de carence et du 10% sur les indemnités de congé-maladie, le rétablissement de la GIPA ;
• d’étudier les conditions d’une revalorisation et d’une extension en Île-de-France des zones bénéficiant de l’indemnité de résidence ;
• de faire le lien avec les organisations de jeunesse, les autres organisations syndicales et les parents d’élèves ;
• d’appeler les S1 à organiser dès maintenant des HIS/assemblées générales pour discuter de l’organisation de l’action sous toutes ses formes, y compris la grève, pour installer la mobilisation dès la rentrée scolaire dans la durée ;
• de mettre en débat dès maintenant une période de grève plus longue, annoncée à l’avance et préparée, visant à exiger une véritable revalorisation, dans le cadre intersyndical le plus large possible. Cette semaine de grève peut se positionner au mois d’octobre 2026.

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