Suite à l’appel au rassemblement intersyndical du 28 août 2026, l’intersyndicale éducation 94 avait demandé une audience au Directeur Académique. L’audience a été accordée pour le jeudi 3 septembre. Toutes les organisations syndicales signataires de la demande ont été invitées. Seules la FSU et FO se sont présentées à l’audience.
L’audience intersyndicale s’est tenue en présence du Directeur académique et d’une IEN du SDEI (Service Départemental de l’Ecole Inclusive)
En préambule la délégation FSU (SNUipp et SNES) a souligné trois engagements de la Direction académique qui n’ont pas été honorés depuis juillet :
- Le relevé de décisions de l’audience préalable au dépôt d’un préavis de grève n’a toujours pas été transmis aux organisations syndicales, depuis juillet (Art 5 du Décret n° 2008-1246 du 1er décembre 2008). Il doit pourtant consigner des engagements oraux de la direction académique lors de l’audience et notifier les désaccords unanime des organisations syndicales sur tous les points.
- le diaporama de présentation des PAS non transmis.
- Début juillet, la FSU avait demandé la réécriture du diaporama que la DSDEN avait transmis aux coordos PIAL et IEN pour les réunions avec les AESH. Ce diaporama contenait des erreurs manifestes dans la transcription de la circulaire de juin 2019, quant à la définition des heures connexes (notamment sur les sorties scolaires qui n’en sont pas), des surveillances de récréation (pas obligatoires sauf si inscrites sur le PPS) et sur le volume horaire pour une quotité de 62 %: 120 h au lieu de 132h. Faute de correction, ou de réponse contradictoire des services, ces éléments continuent d’être imposées aux AESH.
Le Directeur académique s’est engagé à vérifier et envoyer les documents demandés.
Les 5 points mis en discussion par l’intersyndicale étaient les suivants :
- Retrait des avenants.
Le Directeur Académique indique qu’il n’y aura pas de retrait des avenants, mais qu’il n’y aura pas non plus de procédure de licenciement engagée tant que le rappel aux AESH qui n’ont pas signé et les envois règlementaires avec A/R n’auront pas été faits. Par contre une fois que les avenants auront été envoyés par recommandé avec A/R et que la preuve de la réception sera avérée, une telle procédure pourra être engagée.
Selon lui, une très grande partie des avenants a été signée, il y aura un point précis à ce sujet en CSA.
La FSU l’a interpelé sur le fait que des AESH-co ont reçu l’avenant. Il s’est de nouveau engagé à annuler ces avenants. Le Directeur académique a par ailleurs assuré qu’un tel avenant signé, serait caduque car les AESH-co ne font pas partie des PIAL/PAS. - Affectation sur un seul établissement.
Des zones sont redéfinies, en général le PAS est plus petit que le PIAL : des villes comme Villejuif ont 4 PAS par exemple. Il a confirmé l’engagement de ne pas affecter les AESH dans plus de deux établissements, concédant qu’il y a suffisamment d’heures d’accompagnement dans un seul établissement. - Mise en place des PAS.
Les binômes Education Nationale-Médico social sont encore incomplets puisqu’il manque encore 13 éducateur.rices sur les 27 PAS imposés à cette rentrée. Rappelons que les postes EN ont été pris sur les postes du premier degré, et que l’appel à candidature n’avait pas fait le plein au premier mouvement.
- La FSU a demandé quel serait le lien entre le PAS et les AESH.
- M. le Directeur académique évoque la création du « référent aide humaine » dont les missions seront les mêmes que les coordos PIAL, qui disparaissent dans les PAS. Le SDEI mène actuellement une campagne de recensement des AESH pour équilibrer leur présence sur le territoire. Côté formation, une personne a été chargée de mission à la DSDEN.
- La FSU, forte de la synthèse de la mise en place dans d’autres différents départements depuis deux ans en tant qu’organisations majoritaires de l’éducation (SNUipp et SNES), ont insisté sur le fait qu’au delà de la revendication d’abandon de cette énième usine à gaz, il fallait, pour cette année, s’assurer que tous les personnels EN et médico social travaillent en collaboration, sans surplombance.
Ainsi nous avons indiqué que les observations d’élèves, retours avec les équipes et les familles, devaient être assurées par le binôme sans exclusive. - Le Directeur académique a répondu qu’il souhaitait effectivement que les PAS procurent un double regard (EN et médico social), un lieu pour recevoir les familles, du matériel adapté plus rapidement, et des actions pour les 500 élèves du département notifiés en ESMS et scolarisé.es en école, collège et lycée.
- Maintien des AESH dans les établissements.
Les mutations de PIAL, les déplacements d’écoles opérés début juillet sans possibilité d’informer l’équipe et dire au revoir aux élèves ont occasionné des recours et beaucoup de souffrance pour les AESH, et de colère au sein des équipes et des familles. Des « mutations » hors PIAL et d’école s’assimilent à des sanctions envers des AESH qui ont dénoncé des faits pouvant relever du harcèlement, qui ont tout simplement défendu leurs droits.
Depuis janvier 2026, les opérations de gestion administrative, financière et de santé à l’encontre des AESH ont été particulièrement opaques et maltraitantes. L’accompagnement des AESH par la FSU est inconditionnel et ne s’arrêtera pas à des « fin de non recevoir ». Au dessus des PIAL, il existe encore le droit du travail et le droit syndical : les AESH doivent être rétablies dans leurs droits et traitées dignement. - Prise en compte du second emploi.
Nous avons appris que les municipalités n’avaient plus besoin de signer une convention avec la DSDEN pour recruter des AESH pour les temps de cantine. Lorsqu’une équipe identifie un élève en situation de handicap ayant un besoin impératif d’accompagnement sur la pause méridienne, la direction remplit remplit une fiche de saisine (dispo au SDEI) avec la famille et la collectivité. Cette fiche est transmise au SDEI, qui valide (ou pas), envoie à la DSDEN et un avenant est rédigé (ajoutant autant d’heures que nécessaires, maximum 8h, au contrat).
Le Directeur académique a proposé de répondre à des questions diverses :
- Sur le recrutement de nouvelles AESH : le nombre de démissions pendant l’été sera communiqué en CSA ; il y a une campagne pour recruter 120 personnes en plus des AESH recrutés « au fil des démission » (fin de CDD et licenciement, sic).
- Sur les stages MIN : les candidatures ont été déposées par plusieurs AESH mais elles sont toujours en attente de réponse. A priori, le Ministère n’a toujours pas envoyé les listes des personnels pris en stage.
- Quelques jours après notre intervention, des confirmations ont commencé à arriver.
- Sur les 14 AESH recrutées par France Travail et formées par le GRETA : le Directeur académique se félicite de cette initiative de la DSDEN 94 en partenariat avec France Travail. C’est une expérimentation qui visait à recruter des personnels dans des zones où il manquait des AESH, les 14 personnes ont eu une formation de 400 heures et une promesse d’embauche. Actuellement en poste, on nous assure qu’iels n’ont pas bénéficié d’un fléchage particulier dans leurs missions. Et comme le format a fonctionné, il sera élargi l’année prochaine.
- La FSU salue le volume horaire de formation et en déduit que pour exercer correctement comme AESH, ces 400 heures, avant la prise de poste, sont donc bien nécessaires !
Alors pourquoi les AESH en poste n’ont même pas toutes eu les 60h d’adaptation ? Encore un argument pour que toutes les AESH soient fonctionnaires et bénéficient d’une vraie formation initiale et continue ! Le comble de l’échange : on apprend que le Greta était en charge de la formation des AESH « avant » ! Avant les ministres successifs de la macronie et leur gestion comptable et méprisante donc, avec les PIAL et les PAS.
- La FSU salue le volume horaire de formation et en déduit que pour exercer correctement comme AESH, ces 400 heures, avant la prise de poste, sont donc bien nécessaires !
- Sur la prise en charge RH des AESH : le Directeur académique reconnaît être conscient des difficultés et que la DESCOM est un petit service pour les 2700 AESH. Cette année, les recrutements sont fléchés pour développer l’accompagnement RH des professeur.es.
- La FSU a exprimé sa stupeur à l’annonce du report à l’année scolaire prochaine de la mise en place de personnels RH spécifiques aux AESH. Nous avons indiqué que c’était envers les plus maltraitées à divers égards que devait aller la priorité : un enjeu d’abord d’information, d’accompagnement et de reconnaissance professionnelle.
- Sur les formations prévues cette année : la FSU demande où on en est du plan de formation académique. Outre les formations de circonscription, la formation continue et les échanges de pratiques seraient assurées par 2 formatrices et un mi-temps, ainsi qu’une formation à destination des AESH-co avec un rappel sur leurs missions. La FSU sera attentive au respect des missions réglementaires des AESH en général, et des AESH-co en particulier. Selon M. le Directeur Académique, il n’y a aucun dispositif ULIS sans AESH-co au moment de l’audience et des recrutements ont eu lieu pour pourvoir les postes indispensables aux ouvertures à la rentrée.
Les AESH ne doivent pas pallier le manque de considération tant budgétaire que RH de ce gouvernement voué à prendre la porte en 2027 : la mutualisation et la gestion comptable sont incompatibles avec une société, et donc une école, inclusives.
Finalement la FSU a insisté sur l’exigence de prise en compte des demandes et recours des AESH qui ont été licenciées, non renouvelées, mutées de manière contestable, ou croulent sous les titres de perception ou attendent toujours les documents pour percevoir leurs indemnités chômage…
Elle s’engage à (r)envoyer au Directeur académique les noms et dossiers des AESH concernées et le Directeur académique concède que si les services ne sont pas en mesure de prouver que les courriers en bonne et due forme ont été réceptionnés, les AESH seront fondées à saisir le juge du Tribunal administratif.
La FSU prend acte et pour conclure, peut se féliciter que les dossiers de versement de primes REP/REP+ rétroactives montés et présentés avec les AESH qu’elle accompagne, ont trouvé un écho favorable auprès du Tribunal Administratif de Melun.
