La Commission Administrative Académique du SNES-FSU Créteil s’est réunie le lundi 16 mars 2026. Elle a adopté la motion suivante.
La situation internationale ne cesse de se dégrader ces dernières semaines. La décision des États-Unis et d’Israël, soutenus par les États du Golfe persique et avec la neutralité bienveillante du gouvernement français et des États européens, d’attaquer l’Iran, amène à un risque d’une conflagration généralisée entre les grandes puissances. Les objectifs de ce conflit sont multiples et parfois opaques, on peut douter de la simple volonté affichée de faire chuter le régime iranien mais les premiers résultats sont déjà visibles : cela déstabilise une nouvelle fois le Moyen-Orient. Cette guerre a d’ores et déjà des conséquences dans le Golfe persique et au Liban, où l’armée israélienne se livre à une nouvelle opération de démolition de toute la banlieue sud de Beyrouth. Ces bombardements de villes, qui se sont multipliés en Syrie puis utilisés également par la Russie en Ukraine et par Israël à Gaza, sont un mode d’action de plus en plus commun pour les gouvernements bellicistes. Une nouvelle fois, ce sont les populations civiles qui paient les décisions des gouvernements.
Dans ce contexte, le SNES rappelle sa solidarité avec tous les peuples qui luttent pour leur droits et leur liberté de choisir leur avenir. Il porte un discours clair auprès des personnels et de ses syndiquées basé sur : le refus de la logique de guerre, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’importance des négociations internationales pour résoudre les conflits en cours, la possibilité d’une culture de la paix fondée sur la collaboration et la solidarité entre États, l’engagement pour le désarmement, la solidarité avec les organisations syndicales des pays en guerre pour les soutenir et informer ses syndiquées de ce qu’il se passe réellement sur place.
En France, la mort de Quentin Deranque a créé le contexte d’une nouvelle étape de la banalisation des idées d’extrême-droite. Sans attendre les conclusions de l’enquête judiciaire, les médias d’extrême-droites se sont lancés dans une campagne très agressive contre les mouvements antifascistes. Dans la foulée, le gouvernement minoritaire Renaissance - LR a repris tout le vocabulaire de l’extrême-droite, tentant, pour des intérêts électoralistes, d’isoler la France insoumise et menaçant l’ensemble des forces progressistes d’un front républicain à l’envers. Ainsi, l’Assemblée nationale a rendu hommage à Quentin Deranque, oubliant la dizaine de personnes assassinées par les mouvements d’extrême-droite depuis 2022. Plus que jamais, l’extrême-droite est présentée comme une force politique acceptable et ayant la capacité de gouverner. Plus que jamais, la lutte contre les idées d’extrême-droite doit être au cœur des combats du SNES et de la FSU. Le SNES et la FSU continuent à mettre en avant leurs actions contre l’extrême-droite et à développer leur syndicalisme de transformation sociale en faisant toujours le lien entre les enjeux économiques et sociétaux. Ils démontrent la collusion et la perméabilité qui existent entre l’idéologie néo-libérale et l’extrême-droite dont les idées sont de plus en plus présentes dans les partis de Droite ou chez les Macronistes. Nous devons investir encore plus les mandats féministes, de lutte contre toutes les discriminations et écologistes pour proposer d’autres issues et d’autres alternatives au néolibéralisme et au capitalisme. Le SNES-FSU doit rappeler clairement que ces mandats ne sont pas une simple opinion mais font partie de son ADN de syndicat de transformation sociale, ils ne sont donc pas discutables. C’est ainsi que nous pourrons les faire reculer, notamment en informant, formant et mobilisant l’ensemble de nos professions contre cette idéologie mortifère. Dans toutes nos publications, nos stages, sur nos sites, nos réseaux sociaux, le combat contre l’extrême-droite sous toutes ses formes doit être une priorité.
Le premier tour des élections municipales confirment les dynamiques électorales révélées par les élections législatives de 2024. Les listes macronistes sont balayées dans la plupart des communes, confirmant l’illégitimité du gouvernement minoritaire en place. Les listes d’extrême-droite parviennent très souvent à conserver les communes déjà conquises et confirment leur implantation dans le Sud-Est, en Gironde et dans le Nord de la France. Par contre, elles ne parviennent pas seul-es à conquérir de nouveaux territoires. C’est pour cela que le RN appelle aujourd’hui les mouvements de droite, dont certains ont déjà commencé ce rapprochement, à fusionner les listes. Cet ancrage confirme le besoin pour la FSU et le SNES de mettre le combat contre l’extrême-droite au cœur de son agenda. Dans ce cadre, ils appellent à battre l’extrême-droite et à assurer dans les urnes la défaite des idées d’extrêmes droites et des candidates qui les soutiennent. Le SNES-FSU dénonce l’attestation et la garde à vue de trois camarades de VISA93 dans le cadre d’une campagne contre l’extrême droite et sur la foi de dénonciations fallacieuses. Il s’agit d’une répression inacceptable qui illustre la montée de l’extrême droite et ses méthodes fascisantes.
Collège
Dans les trois départements de notre académie les CSA SD relatifs aux dotations horaires globales se sont tenus. Les mesures présentées lors de ces instances illustrent de façon explicite les conséquences néfastes, pour les collèges, des choix budgétaires nationaux. En effet, seule la Seine-Saint-Denis se voit dotée de moyens supplémentaires par rapport à l’an dernier, et ceux-là ne compensent même pas la hausse démographique. Dans les deux autres départements, la stabilité des moyens ne permet pas de rattraper la dégradation des conditions d’enseignement des années précédentes, notamment du fait de la hausse des effectifs. A cela s’ajoutent les moyens considérables gardés en réserve par les DSDEN et qui seront certainement rendus à Bercy alors que les classes seront surchargées en septembre.
En parallèles, les Directrices et Directeurs Académiques se sont expliqués sur la réalité de la construction de la liste des 800 collèges. Celle-ci émane bel et bien de décisions subjectives, tout comme la répartition des moyens aux collèges avec la mise en place de certains dispositifs. Le cadre national se trouve de nouveau mis à mal et les moyens des collèges sont de plus en plus dépendants des lubies des Directrices et Directeurs Académiques. C’est notamment le cas de la redistribution des moyens alloués au Choc des Savoirs les années précédentes, différente d’un département à l’autre.
Lycée, baccalauréat
Dans notre académie, les effectifs prévus à la prochaine rentrée augmentent en lycée de 2157 élèves par rapport au nombre de lycéennes constaté en octobre, et les DHG totales des lycées (LGT et LP confondus car il n’y a pas de distinction) augmentent par rapport à ce qui était prévu l’année dernière de 1342H dans le 77, de 69H dans le 93, de 785H dans le 94, ce qui correspond à 122 ETP réellement distribués à cette époque de l’année sur les 157 attendus.
En postes réels, cela se traduit par 93 créations de postes, 66 suppressions, soit un solde positif de 27 postes, ce qui montre que les heures en plus sont essentiellement données en BMP (le nombre d’HSA augmente très peu depuis plusieurs années).
A part les 3 mesures de cartes scolaires, les postes supprimés sont des postes non occupés par des titulaires, que le rectorat a bloqués l’année dernière ou plusieurs années afin pour ne pas les pourvoir au mouvement après des départs en mutation inter ou à la retraite, cela explique peut-être le peu de mobilisations des S1. Le nombre de motion de CA envoyé au secteur lycée est de moins d’une dizaine, comme les demandes d’audience qu’il nous a été demandé de soutenir.
La quasi-absence de remontées des lycées suite aux envois de nos messages interroge, elle dure depuis 3 - 4 ans et doit être analysée dans les S2 car si cela correspond à des absences de S1 ou des S1 non investis cela posera problème au moment des élections professionnelles. Le SNES repose sur les S1 et sans leur travail de terrain, rien n’est possible en terme de mobilisation.
Emploi
La dé-fonctionnalisation de l’accès au grade de la classe exceptionnelle à eu comme conséquence dans l’académie de Créteil une baisse importante des promotions, 2/3 en moins.
Lors de la mise en place du PPCR, l’apparition du grade classe exceptionnelle répondait à la nécessité de valoriser, stabiliser et rendre attractifs les établissements relevant de l’éducation prioritaire : c’est un fait. Certes le système des deux viviers était à l’origine d’un déséquilibre important et une refonte semblait nécessaire. Celle mise en place est une supercherie, donne tout pouvoir à la hiérarchie en toute opacité et ne peut être défendue. Le message envoyé à nos collègues dont beaucoup enseignent en éducation prioritaire est profondément négatif.
Si nos mandats considèrent que la classe exceptionnelle doit être le grade de fin de carrière pour le plus grand nombre, l’accès doit se faire selon un barème prenant en compte majoritairement l’ancienneté mais sans oublier l’exercice en éducation prioritaire où les conditions de travail diffèrent et sont particulièrement difficiles.
Il est grand temps de porter cette revendication ainsi que toutes les autres revendications sur l’éducation prioritaire au nom de nos collègues.
Le rectorat a décidé de ne pas accorder — ou de retirer — l’Avantage Spécifique d’Ancienneté (ASA) aux personnels exerçant dans les établissements construits après 2001, ceux-ci n’apparaissant pas dans la liste publiée au Bulletin officiel du 8 mars 2001. Pour le SNES-FSU, cette décision est à la fois arbitraire et profondément injuste. Elle crée une rupture d’égalité entre collègues exerçant dans des contextes pourtant comparables et méconnaît les difficultés spécifiques des établissements relevant de l’éducation prioritaire et de la politique de la ville, quelle que soit leur date de construction. L’exclusion actuelle pénalise les personnels concernés, notamment en matière d’avancement de carrière, et porte atteinte à l’équité entre les agents du service public d’éducation.
Le SNES-FSU soutient pleinement les collègues concernés dans leurs démarches visant à obtenir la reconnaissance de leur droit à l’ASA, y compris par la voie de recours. Il intervient auprès du rectorat afin d’exiger une application équitable du droit et la reconnaissance de l’ASA pour tous les personnels exerçant en éducation prioritaire, indépendamment de la date d’ouverture de leur établissement. Il portera ces revendications à tous les niveaux, académique et national, afin d’obtenir une clarification réglementaire garantissant l’égalité de traitement.
Le SNES-FSU réaffirme que la reconnaissance de l’ASA constitue une exigence de justice, de respect des personnels et d’attractivité du service public d’éducation. Il accompagnera pleinement les collègues dans les recours collectifs engagés afin de faire valoir leurs droits et d’obtenir la reconnaissance de cet avantage.
Psy-EN, orientation
Pour les PsyEN et DCIO de l’académie, les réformes en cours au niveau national commencent juste à s’appliquer sur le terrain : les conseillerères techniques en santé mentale ont été nommées, les plans pluri-annuels d’orientation (PPO) sont présentés dans certains collèges et lycées et la mise en place des PAS est engagée. Dans tous ces projets, les missions et les conditions de travail des PsyEN sont attaquées, en particulier avec l’entrée d’associations et intervenantes extérieures, mises en concurrence, transferts à d’autres personnels internes (CPE, prof doc...) et volonté de contrôle des cheffes d’établissement et des IEN, et mise au pas des Psychologues de l’Éducation nationale. Le SNES-FSU sera présent dès lors que les conséquences de ces réformes continueront à mettre en difficulté les PsyEN et restera mobilisé pour réclamer les moyens humains et financiers pour la rentrée 2026 !
AESH
Dans le Val-de-Marne, la mobilisation AESH 1er et 2d degré du 15 janvier a été une réussite. De nombreuses et nombreux collègues étaient présentes devant le ministère afin de porter leurs revendications. Bien que la mobilisation soit moins avancée dans les collèges et lycées, le SNES-FSU 94, au sein de l’intersyndicale, réalise un travail d’information et de recensement des besoins. Cela afin d’opposer aux discours ministériels des données claires, permettant de prendre du recul sur les annonces, comme c’est le cas dans le premier degré.
Dans le même temps, une majorité de sénateurs ont repoussé la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH. A cela s’ajoute le fait que les Pôles d’Appui à la Scolarité seront mis en place en septembre. Aussi, il est nécessaire que le SNES-FSU se mandate afin d’appeler rapidement à la grève, pour un statut, pour de meilleures conditions de travail, pour des recrutements massifs. Nos mandats relatifs à la situation des AESH ne doivent jamais disparaître du débat public.
Entrée dans le métier
Les tractages devant la Maison des examens à Arcueil pour les concours internes et maintenant externes sont plutôt bien reçus par les candidates. La baisse du nombre de personnes présentes est moins sensible que d’autres années, même s’il reste difficile d’évaluer la proportion de candidates aux concours du privé.
Nos passages à l’Inspé sont compliqués par le fait que le secrétariat ne répond pas à nos multiples demandes d’avoir un calendrier clair et complet de la présence des stagiaires sur les différents sites de l’Inspé. Les formateurrices semblent tenu•es à l’écart de la mise en œuvre de la réforme des concours et, pour l’instant, très peu d’informations sont dévoilées. Nous savons seulement qu’à ce jour, l’Inspé de Créteil ne propose pas de préparations aux concours pour l’année 2026-2027, les candidatures ne sont donc pas ouvertes et que les masters MEEF 2e année n’ouvrent pas leur formation à de nouvelles candidatures
Le nombre d’inscriptions à notre second stage de l’année est correct, même si nous avons connu des temps plus fastes. Il y sera question de l’inspection et des modalités de titularisation, des mutations intra-académiques présentées par des camarades du secteur Emploi, de l’EVARS - point pris en charge par des camarades du secteur Femmes et de l’IA au sein de l’Éducation Nationale par Christophe Cailleaux.
Femmes
Plus de 200 manifestations ont eu lieu partout en France à l’occasion de ce 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes, réunissant jusqu’à 130 000 personnes à Paris, déterminées à défendre et faire progresser les droits des femmes. C’est donc une mobilisation massive qui doit se poursuivre pour permettre au mouvement féministe et social d’imposer un véritable rapport de force face aux politiques sexistes et austéritaires, mais aussi à la montée de l’extrême-droite et son idéologie hostile à l’émancipation et aux droits des femmes.
Partout dans le monde, des femmes luttent contre les guerres, les occupations, les régimes autoritaires et obscurantistes, souvent au péril de leur vie. Elles résistent à la répression, aux violences sexuelles, aux exils forcés et aux persécutions. Le SNES-FSU réaffirme sa solidarité avec toutes celles qui se battent pour la liberté, la dignité et l’égalité.
Cette journée a également été l’occasion pour le SNES-FSU de réaffirmer l’exigence :
- d’une réelle égalité salariale entre les femmes et les hommes, mais aussi d’en finir avec la précarité, notamment en revalorisant certains métiers fortement féminisés, comme celui d’AESH.
- du maintien et du renforcement des droits sexuels et reproductifs, face aux attaques réactionnaires, qu’elles prennent la forme de l’entrave à l’IVG ou de l’injonction à la reproduction,
- de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, y compris en son sein.
Le SNES-FSU renforcera le travail conjoint du secteur égalité F/H et des autres secteurs pour que toutes ses publications intègrent les revendications féministes de manière transversale. Il poursuivra le travail engagé en groupe de travail pour rendre de nouveau opérationnel sa cellule de veille, et modifiera ses statuts pour lui permettre, ou permettre à une autre instance dédiée constituée de camarades formées aux mécanismes des violences et à l’accompagnement des victimes, de traiter les situations de VSS en interne. En tant qu’organisation féministe, le SNES-FSU ne peut plus se contenter de bonnes intentions et doit pleinement s’engager dans la lutte contre les VSS et protéger les victimes de leurs agresseurs, et ce à tous les niveaux du syndicat, en faisant de ses mandats de congrès une réalité concrète.
Retraitées
Les mobilisations de retraitées et des actifves ont permis de faire reculer le gouvernement dans le cadre du PLFSS sur la revalorisation des pensions, l’abattement des 10 % et « l’année blanche ».
Mais les risques demeurent et nous devons rester vigilantes. D’autant que le COR et son président, Gilbert Cette, tentent de remettre en cause la pension de réversion et préconisent l’introduction de la capitalisation obligatoire.
Cette fois, dans le cadre du G9, nous appelons les retraitées à se mobiliser sur la question essentielle de l’accès aux soins, avec l’accroissement de la désertification médicale, de l’augmentation du reste à charge, notamment avec le développement exponentiel des dépassements d’honoraires.
Ce sera l’occasion d’une semaine d’actions entre le lundi 30 mars et le samedi 4 avril. Les actions s’organisent dans les départements. Un rassemblement parisien est prévu le jeudi 2 avril de 12h 30 à 14 h au Ministère de la Santé avec demande d’audience.
Parallèlement, la section académique des retraitées continue d’informer les collègues sur la PSC, question brûlante d’actualité : un supplément de quatre pages réalisé conjointement par les trois sections retraitées de Paris, Créteil et Versailles va parvenir à toutes les syndiquées. Les prochaines A.G. académiques des retraitées aborderont le sujet.
Protection sociale complémentaire
Fermement attachées à la défense du 100 % Sécu (mandat du SNES et de la FSU) seul dispositif vraiment protecteur et solidaire, correspondant à l’esprit de la création de la Sécurité sociale, nous dénonçons toute forme de marchandisation de la santé et d’inégalités générées par la place grandissante des PSC. Le SNES-FSU profite de la période de mise en place de la PSC pour diffuser massivement ses mandats du 100% Sécu en démontrant en quoi la multiplication des protections sociales complémentaires est une attaque contre la Sécurité sociale. La priorité de l’organisation syndicale doit être de défendre ses mandats : financement de la Sécurité sociale par la cotisation, niveau de la cotisation selon ses moyens (comme c’est le cas pour la Sécurité sociale et comme cela l’était à la MGEN) et refus d’un niveau de cotisation en fonction du risque que représenterait l’assuré, prise en charge à 100% des soins, défense du principe de répartition des cotisations, solidarité intergénérationnelle. Le SNES-FSU revendique le recouplage des volets santé et prévoyance eu un seul contrat pour toutes.
Du côté de la santé, les professions les plus précarisées ont du mal à s’affilier. En effet, le coût forfaitaire des conjointes et des enfants pèse lourdement sur les non-titulaires, en particulier les AED et les AESH. Cela va les amener à se tourner vers la complémentaire santé solidaire pour se couvrir ou couvrir leurs ayant-droits. L’État a donc mis en place une PSC qui ne couvre pas les personnels les plus pauvres ! Le SNES-FSU communique auprès de la profession en exigeant que l’employeur fasse évoluer la PSC pour que les collègues puissent toutes et tous s’affilier.
Concernant la prévoyance, elle reste découplée de la santé et son coût, s’il est proportionnel au revenu, risque d’amener les plus jeunes à faire le choix de ne pas s’affilier et les plus aisés à préférer se tourner vers d’autres offres de prévoyance ou à ne pas s’affilier du tout. Le SNES fait campagne sur la nécessité de se protéger et invite les collègues à faire le choix du contrat collectif. Il rappelle qu’au-delà de six mois, la MGEN pourra imposer un questionnaire de santé ce qui est inacceptable et doit être retiré. Dans le cadre du déploiement de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) à partir du 1er mai 2026 pour les actifsves, les retraitées auront le choix de rester à la MGEN. en optant soit pour le contrat collectif des actifsves, soit pour un contrat individuel « spécial retraitées » que la MGEN proposerait, ou bien quitter la MGEN. Tout en restant sur nos mandats de 100 % Sécu, nous serons en soutien des retraitées qui vont s’interroger sur le choix à faire. Nous craignons que les retraitées soient défavorisées en optant pour des contrats individuels financés par les seules retraitées dont les cotisations risquent d’augmenter au fil des ans. Nous préférons leur conseiller de prendre le contrat collectif du groupe MGEN-CNP, même s’il risque d’augmenter lui aussi, afin de contraindre ce groupe à la solidarité intra et intergénérationnelle que nous défendons qui était aussi celui de la mutualité à son origine.
Élections professionnelles
La FSU prépare la campagne des élections professionnelles 2026. Notre fédération doit mettre en valeur ses mandats concernant notre métier, le système éducatif et ce qu’elle revendique pour les personnels, en insistant particulièrement sur la lutte contre la précarité en s’adressant aux personnels non-titulaires durant la campagne. Cependant, elle doit aller au-delà en affirmant ce qui fait d’elle un syndicat de transformation sociale : mandats féministes, lutte contre toutes les discriminations et écologistes pour proposer d’autres issues et d’autres alternatives au néolibéralisme, analyses prenant en compte les enjeux économiques et sociaux. Par ailleurs, nos campagnes doivent aussi valoriser les succès que nous avons obtenus. La FSU a été au cœur des luttes contre la réforme des retraites de 2023, qui ont mis en difficulté le pouvoir en place et l’ont forcé au passage en force. Elle a fait le choix d’appeler les personnels à s’engager contre l’extrême-droite et pour le programme du Nouveau Front Populaire en 2024 et a permis d’éviter l’arrivée au pouvoir du RN. Le SNES a mené, par des campagnes percutantes, une lutte efficace contre le choc des savoirs qui a mis en échec les groupes de niveaux. Nos campagnes doivent montrer que le SNES et la FSU sont des outils pertinents pour organiser les luttes et les mener, et pour gagner !
Situation et fonctionnement du SNES-FSU
Le SNES-FSU est un syndicat de luttes et de transformation sociale dont le but est de porter et de faire gagner toutes les revendications de nos collègues. En cela, il est le premier recours de la profession sur tous les sujets qui touchent directement aux carrières, aux salaires et aux mutations. Il est le premier recours des personnels lorsqu’iels font face aux maltraitances de notre employeur. Il porte toutes les questions qui préoccupent les personnels du second degré, dans leurs salles de classe, leurs bureaux, leurs établissements et dans l’espace public : montée de l’extrême-droite, refus des politiques néo-libérales de casse des services publics, dénonciations des conflits impérialistes et expression d’une véritable solidarité entre les peuples, lutte pour l’égalité femmes-hommes et contre toutes les discriminations, conséquences du changement climatique et transformation écologique. Le SNES-FSU, en tant qu’organisation majoritaire, est l’outil qui permet aux personnels, dans toute leur diversité, de s’organiser, de se former et de lutter ensemble pour gagner.
Pour être l’outil rassembleur qu’il est, le SNES-FSU doit entretenir en son sein une vie démocratique active. Elle existe au sein des S1, dans les assemblées générales et les heures syndicales, dans les S2 et les S3 et enfin au niveau national. Elle s’appuie sur des instances démocratiques élues par l’ensemble des syndiqué-es : congrès, CN, CAN, BN et secrétariat général. Ainsi, c’est dans ce cadre que doit se faire la prise de décision pour qu’elle soit légitime et que le SNES-FSU puisse entraîner avec lui la profession. Cela ne va pas à l’encontre de l’existence de courants de pensée qui contribuent au débat démocratique.
La démission d’Emmanuel Séchet a révélé des dysfonctionnements importants de notre organisation syndicale. Le SNES-FSU tient à le remercier pour toutes ces années passées à son service, pour son action en faveur des collègues, pour tous les combats qu’il a menés. Ensuite, sa démission nous oblige à réfléchir collectivement à la fois au fonctionnement interne de notre organisation syndicale, à la ligne politique qui l’anime et aux valeurs qu’elle porte. Dans ce cadre, il nous paraît essentiel de réaffirmer la légitimité incontestable de Sophie Vénétitay en tant que secrétaire générale du SNES-FSU. Cette légitimité repose sur un mandat clair et sur une orientation politique conforme aux mandats adoptés en congrès et que seul un congrès pourrait remettre en cause, et qui s’inscrit pleinement dans la tradition du syndicalisme de transformation sociale porté par notre organisation.
Le conseil national de mars 2026 est l’occasion de résoudre une partie de cette crise. Il réaffirme la souveraineté des instances de délibérations qui ont pour mission de définir les mandats du SNES entre les congrès : CN, CAN et BN. Il analyse les causes de la crise en permettant à tous ses membres de participer aux débats, en particulier les représentant-es des S3 et des S2. Il donne à la secrétaire générale du SNES-FSU les moyens de travailler et de faire progresser nos mandats. Il permet au débat démocratique de fonctionner dans le respect de chacune et chacun et prend les mesures nécessaires pour entendre les souffrances exprimées par les camarades et y mettre un terme.
Action
Une première journée de mobilisation a été lancée au niveau de l’Île-de-France le 17 février. Il s’agissait de dénoncer toutes ensemble des DHG qui ne correspondent pas à la réalité des besoins et qui vont encore dégrader les conditions de travail de nos collègues l’année prochaine. La grève, pour un mouvement régional, a été plutôt bien suivie et a permis de faire émerger nos problématiques locales. Cependant, les luttes sur les DHG sont d’autant plus pertinentes qu’elles sont menées à l’échelle nationale, puisqu’elles sont la conséquence directe du budget voté par le Parlement. Le SNES s’était mandaté pour une action éducation en janvier qu’il n’est pas parvenu à impulser. Les suppressions de postes prévues pour 2026 et la poursuite des politiques éducatives par Geffray offrent pourtant des leviers de mobilisation et des axes de campagne. Par conséquent, le SNES-FSU décide :
- de continuer à porter ses revendications pour un autre budget 2026 auprès de la population, de l’intersyndicale et des forces politiques : un déblocage des salaires et des pensions et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis 2011, l’abandon des jours de carence et du 10% sur les indemnités de congé-maladie, le rétablissement de la GIPA ;
- de faire campagne sur les questions d’éducation, et particulièrement sur les suppressions de postes, les attaques sur la liberté pédagogique des collègues concernant l’évaluation, le choc des savoirs et la réforme des lycées et du baccalauréat. Il rappelle ses mandats d’abrogation des réformes du lycée, du baccalauréat et la fin de Parcoursup. Il exige l’abandon des suppressions de postes dans le système éducatif dans le budget 2026 ;
- de faire le lien avec les organisations de jeunesse et de parents d’élèves ;
- d’appeler les S1 à organiser dès maintenant des HIS/assemblées générales pour discuter des suites de l’action sous toutes ses formes, y compris la grève, pour installer la mobilisation dans la durée ;
- de mettre en débat dès maintenant une période de grève plus longue, annoncée à l’avance et préparée, visant à mettre en échec le projet de budget et les politiques éducatives du gouvernement, dans le cadre intersyndical le plus large possible. Cette semaine de grève peut se positionner au mois d’avril 2026.
Le SNES-FSU appelle à la grève les AESH pour un statut, pour de meilleures conditions de travail, pour des recrutements massifs.
Le SNES-FSU développe son travail de lutte contre l’extrême-droite. Il propose des stages syndicaux aux militantes et aux collègues. Il médiatise ses analyses sur le programme des extrêmes-droites de manière large, en direction des collègues comme de l’ensemble de la population. Il est urgent de nous organiser parce que les actions de l’extrême droite se multiplient dans l’ensemble du pays. L’entrée au gouvernement de ministres issus de partis d’extrême-droite constituerait le franchissement d’une ligne rouge et le SNES- FSU appellerait alors les collègues à se mobiliser immédiatement sous toutes les formes qui se présenteraient.
Le SNES-FSU soutient et appelle à participer aux rassemblements et mobilisations, pour l’arrêt du génocide perpétré par Israël à Gaza, la fin des massacres et un cessez-le-feu immédiat, l’accès à l’aide humanitaire et sanitaire, la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens et de tous les otages israéliens détenus par les groupes armés palestiniens, la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, une paix juste et durable entre Palestiniennes et Israéliennes, par le respect du droit international. Il participe, dans le cadre intersyndical le plus large possible, aux actions de solidarité avec les peuples en guerre ou opprimés organisées actuellement, dans le respect de ses mandats, comme sur l’Ukraine ou l’Iran.
Vote : Pour 20 Contre 0 Abstention 0 NPPV 0
