2 février 2026

actu des établissements

Rentrée 2026 dans les collèges du 93 : une provocation inacceptable

Les DHG collège sont tombées vendredi 2 février dans la matinée. Et la chute est brutale dans les établissements, tant les moyens alloués pour le 93 à la rentrée prochaine sonnent comme une véritable provocation dans le département le plus pauvre de la France hexagonale, où 62 % des collèges sont classés en éducation prioritaire.

Notre département accueillera, selon les prévisions de la DSDEN pour la rentrée 2026, quelque 550 élèves en plus par rapport aux prévisions de la rentrée précédente.

Pour accueillir ces élèves dans les mêmes conditions que cette année, c’est-à-dire accompagner simplement cette hausse démographique, il faudrait plus de 600 heures, soit plus de 35 ETP. La DSDEN ne nous en propose que 9.

Les conséquences sont immédiates et parfaitement prévisibles : l’augmentation du nombre d’élèves par classe devient la variable d’ajustement, au mépris des besoins pédagogiques, de l’accompagnement des élèves les plus fragiles et des conditions de travail des personnels. Dans un département déjà marqué par des classes souvent chargées, cette orientation aggrave mécaniquement les difficultés scolaires, les tensions dans les établissements et le décrochage.

Cette dégradation est d’autant plus inacceptable qu’elle s’opère sans aucun renforcement des moyens de vie scolaire. Aucun poste supplémentaire d’AED, aucune dotation nouvelle pour faire face à l’augmentation des effectifs, alors même que les besoins en surveillance, en accompagnement éducatif et en gestion des situations de crise sont croissants. Les équipes de vie scolaire, déjà en tension permanente, se retrouvent une nouvelle fois sommées de faire plus avec moins.

C’est une véritable saignée en termes de moyens horaires : 80 heures en moins pour les établissements classés en zone sensible, 325 heures en moins pour l’accompagnement des élèves. Cela laisse fortement penser à un revers du succès obtenu dans la bataille des groupes de niveau. S’agirait-il de punir les établissements qui n’ont pas mis en place la mesure phare du « choc des savoirs » ?

En parallèle, une centaine d’heures en plus sont attribuées au dispositif cosmétique du « plan mixité » et à des dispositifs expérimentaux au cadre flottant, dont la pertinence n’est jamais évaluée. S’agit-il d’une provocation ?

Par ailleurs, la surveillance des personnels monte en puissance à travers le plan « 800 collèges », qui vise, sans moyens supplémentaires, à mettre au pas les pratiques pédagogiques des collègues.

La rentrée 2026 préparée par le gouvernement dans le 93 répond donc à quatre critères : austérité, punition, provocation et caporalisation.

Dès aujourd’hui, nous nous tenons prêtes aux côtés des collègues pour organiser la riposte contre le démantèlement en marche du service public d’éducation et exiger un véritable plan d’urgence pour notre département.