Le SNES-FSU Créteil a réuni sa Commission administrative académique et a voté la motion suivante.
La situation internationale est marquée par une dégradation des relations entre États, liée à la présence de gouvernements d’extrême-droite qui répandent des idées nationalistes et considèrent que l’usage de la force est le moyen prioritaire pour arriver à leurs fins. A Gaza, le cessez-le-feu reste fragile : si toutes les otages israéliennes ont été libérées, les entorses au cessez-le-feu sont récurrentes et 415 Palestiniennes auraient été tuées depuis le 10 octobre 2025, majoritairement par l’armée israélienne. Surtout, la catastrophe humanitaire persiste sur place et le gouvernement israélien s’obstine à interdire aux agences internationales, aux ONG et à la presse d’accéder au territoire.
La Russie poursuit son offensive en Ukraine et bénéficie toujours des atermoiements de l’administration Trump pour consolider ses positions militaires et mener sa politique destructrice et criminelle à l’égard de la population ukrainienne dans les territoires qu’elle occupe. Les États-Unis deviennent de plus en plus facteur d’instabilité sur la scène internationale. En prenant la décision de capturer par la force le président venezuelien Nicolas Maduro, ils ont mené une agression qui peut faire craindre le même type d’intervention à tous les autres États de la planète, accentuant encore la course aux armements. Les menaces de Donald Trump d’annexion du Groenland font monter les tensions et ravivent la crainte que les habitant-es de ce territoire ne puissent pas décider elles et eux-mêmes de leur avenir. En Iran, un nouveau mouvement de révolte est sauvagement réprimé par la République islamique qui bafoue une fois de plus les droits humains, réprimant particulièrement les femmes qui sont au cœur de la révolte.
Dans ce contexte, le SNES rappelle sa solidarité avec tous les peuples qui luttent pour leur droits et leur liberté de choisir leur avenir. Il porte un discours clair auprès des personnels et de ses syndiquées basé sur : le refus de la logique de guerre, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’importance des négociations internationales pour résoudre les conflits en cours, la possibilité d’une culture de la paix fondée sur la collaboration et la solidarité entre États, l’engagement pour le désarmement, la solidarité avec les organisations syndicales des pays en guerre pour les soutenir et informer ses syndiquées de ce qu’il se passe réellement sur place.
En France, l’extrême-droite continue ses campagnes odieuses en s’attaquant maintenant aux prénoms des enfants nés le 1er janvier dernier. Elle bénéficie pour cela de partis politiques, de milliardaires qui les soutiennent, de réseaux médiatiques et de la bienveillance du gouvernement en place. La droite, qui n’a plus grand-chose de républicaine, a annoncé qu’elle ferait barrage à la gauche lors des prochaines échéances électorales, réalisant l’union des droites qui pourrait permettre à l’extrême-droite d’accéder au pouvoir sans être majoritaire aux prochaines élections législatives. Le SNES et la FSU continuent à mettre en avant leurs actions contre l’extrême-droite et à développer leur syndicalisme de transformation sociale en faisant toujours le lien entre les enjeux économiques et sociétaux. Ils démontrent la collusion et la perméabilité qui existent entre l’idéologie néo-libérale et l’extrême-droite dont les idées sont de plus en plus présentes dans les partis de Droite ou chez les Macronistes. Nous devons investir encore plus les mandats féministes, de lutte contre toutes les discriminations et écologistes pour proposer d’autres issues et d’autres alternatives au néolibéralisme et au capitalisme. Le SNES-FSU doit rappeler clairement que ces mandats ne sont une simple opinion mais font partie de son ADN de syndicat de transformation sociale, ils ne sont donc pas discutables. C’est ainsi que nous pourrons les faire reculer, notamment en informant, formant et mobilisant l’ensemble de nos professions contre cette idéologie mortifère. Dans toutes nos publications, nos stages, sur nos sites, nos réseaux sociaux, le combat contre l’extrême-droite sous toutes ses formes doit être une priorité. Dans ce cadre, ils font campagne contre l’extrême-droite lors de la campagne des élections municipales de mars 2026. Le SNES-FSU continue notamment de combattre les politiques racistes qui font le lit de l’extrême-droite, en commençant par la circulaire Retailleau. Il accompagnera tous les collègues qui le solliciteront dans les procédures de régularisation de nos collègues étrangeres, participera aux actions des collectifs de soutien des sans-papiers, pour le respect de leurs droits et soutiendra les les élèves sans-papiers et leurs familles.
Les discussions budgétaires en France sont à l’opposé des mandats du SNES-FSU. A cause du Parti socialiste, le Parlement a fini par adopter un PLFSS qui ne répond pas aux besoins du système de protection sociale et va encore dégrader la santé de la population. Surtout, la minorité macroniste maintient ses objectifs pour le budget 2026 : diminuer le déficit public à 5% du PIB, sans augmenter les recettes et sans imposer les plus grandes fortunes françaises. L’ensemble de la population, et particulièrement les plus fragiles, vont devoir payer pour protéger les plus riches et les services publics en supporteront les conséquences. Ce processus sera aggravé par la hausse sensible des dépenses militaires, qui vont se faire à recettes constantes, alors qu’elles bénéficient à de grands groupes privés dont certaines grandes fortunes françaises tirent leurs revenus... Le SNES et la FSU ne peuvent se satisfaire de quelques reculs de ce gouvernement qui ne constituent pas de réelles victoires pour les travailleuses et les travailleurs : le report de la réforme des retraites n’est absolument pas suffisante et nous continuons de revendiquer l’abrogation de la réforme de 2023 et la retraite à taux plein pour toutes et tous dès 60 ans, avec 37,5 annuités de cotisations. Le SNES et la FSU réitèrent leurs revendications et leur projet de syndicat de transformation sociale. Ils exigent un autre budget visant à développer les services publics, seuls à même de permettre de faire reculer les idées les plus réactionnaires à l’œuvre dans notre pays, à rééquilibrer les prélèvements et les impôts pour que les plus riches contribuent en fonction de leurs moyens. Il revendique dans l’immédiat l’annulation des 10% de baisse des indemnités de congé-maladie, le déblocage et un rattrapage des salaires et des pensions des personnels de la fonction publique, le recrutement de fonctionnaires à hauteur des besoins, l’annulation du doublement des franchises médicales et la suppression du décret réformant l’AME.
Le budget proposé est également inacceptable dans l’Éducation nationale. Il semble être au cœur des négociations entre le Parti socialiste et la minorité macroniste pour l’adoption du budget 2026. Le Premier ministre vient d’annoncer d’ores et déjà la création de 800 emplois d’AESH supplémentaires aux 1200 qui étaient déjà prévus mais cela ne suffit pas ! En effet, nous continuons de revendiquer un vrai statut de fonctionnaire de catégorie B pour ce métier qui est maintenant le deuxième de l’Éducation nationale et qui reste sous-payé et mal considéré. De plus, 4000 suppressions de postes de professeurs sont au programme, aucun poste de CPE n’est au budget alors que de nouveaux établissements ouvrent et que les rectorats sont obligés de les redéployer. Pourtant, les revendications de la FSU qui permettraient d’améliorer les conditions de travail et d’enseignement sont largement finançables, il s’agit une fois de plus non d’un problème de dette mais de choix politiques et de société. Nous pouvons en donner quelques exemples dans nos publications : augmentation des professeures de 10 % pour rattraper la perte de pouvoir d’achat : 3,6 milliards d’euros ; la création d’un corps de fonctionnaires d’AESH : 4 à 5 milliards d’euros ; la rénovation écologique du bâti scolaire : 4 à 5 milliards d’euros. En revanche, la taxe Zucman rapporterait 20 milliards d’euros, 2 % des aides aux entreprises correspond à 5 milliards d’euros ; fin du financement de l’École privée : 3 milliards d’euros. Rappelons enfin que le budget de la défense est en passe de dépasser celui de l’Éducation nationale, tout un symbole également. Le SNES-FSU maintient ici son exigence de ne pas supprimer de poste dans le second degré : la baisse démographique doit servir à faire baisser le nombre d’élèves par classe, particulièrement en collège où nous avons les classes les plus chargées d’Europe.
L’incapacité du pouvoir de faire adopter le budget 2026 dans les temps pose des difficultés importantes pour la préparation de rentrée 2026. Les rectorats sont obligés de décaler les CSA académiques mais ont pourtant donné consigne aux établissements de remonter les TRMD rapidement, sans consulter les CA, satisfaisant ainsi le SNPDEN mais menaçant la démocratie interne dans les établissements. Dans l’Académie de Créteil, cette échéance est fixée au 10 février 2026. Le SNES exige auprès du ministère que tout soit mis en œuvre pour que les établissements puissent préparer convenablement la rentrée en tenant des CA et en votant des TRMD. Il pose la question d’un décalage des dates des mouvements intra-académiques, en fonction de la date de l’adoption définitive du budget 2026. De même, la réforme des concours est mise en suspens, décourageant les candidates qui s’y préparent et qui ne savent pas encore si leur concours pourra se tenir dans les temps. Cette situation ne risque pas de résoudre la crise de recrutement qui est une préoccupation forte du SNES. Le SNES-FSU continuera en particulier de dénoncer la précarité dans laquelle sont maintenues nos collègues AESH et à visibiliser leurs revendications, notamment pour un statut de catégorie B.
Comme nous nous y attendions, le ministre Geffray cherche à tout prix à poursuivre les politiques macronistes portées par ses prédécesseureuses. Alors que le SNES a obtenu une victoire sur les groupes de niveau, il a tenté, autant par plusieurs reports du vote des textes en CSE que par des chantages aux moyens dans les établissements, d’en diminuer la portée. En effet, des cheffes d’établissement menacent les collègues d’une perte des moyens en cas d’abandon des groupes de niveaux. Il poursuit par ailleurs les attaques contre l’éducation prioritaire en publiant une liste de 800 collèges, 97 dans l’Académie de Créteil, qui pourront s’extraire du cadre national, sans moyens supplémentaires. Cela met en place une liste parallèle à l’éducation prioritaire et risque de la remettre en cause. Sur 97 établissements, 29 sont hors-éducation prioritaire dans notre académie. Cette tendance est confirmée par le choix d’attribuer quelques moyens à 21 collèges qui devraient être dans l’éducation prioritaire mais sans les y faire rentrer. Le SNES revendique l’arrêt de toutes les expérimentations et contractualisations en cours, l’abrogation des contrats locaux d’accompagnement et des cités éducatives. À rebours de cette politique de liquidation programmée de l’éducation prioritaire, le SNES continue de porter l’idée d’une relance ambitieuse de l’éducation prioritaire : les établissements doivent pouvoir poursuivre les mêmes objectifs, dispenser les mêmes contenus avec exigence pour poursuivre les mêmes ambitions que les autres. Cela exige d’améliorer les conditions d’études pour les élèves et de formation, d’enseignement et de travail pour les personnels. Le SNES réclame donc un abaissement des effectifs par classe, l’octroi d’un volant d’heures dans la DHG (minimum +1h /classe) ainsi que des équipes pluri-professionnelles renforcées (personnels de santé, sociaux et psychologues) à temps plein, postes de CPE et d’AED supplémentaires). Du temps de concertation compris dans le temps de service doit être mis à la disposition des équipes. Le périmètre de l’éducation prioritaire ne peut pas se réduire aux seuls REP+ mais, au contraire, s’étendre à l’ensemble des établissements (y compris les établissements ruraux lorsqu’ils en remplissent les critères objectifs) concentrant les difficultés socio-économiques. Pour cela, une nouvelle carte doit être mise en œuvre, reprenant les établissements déjà classés et y intégrant les lycées et collèges relevant de critères définis nationalement suite à une concertation. La politique d’éducation prioritaire doit s’accompagner d’une politique de la Ville ambitieuse qui vise les territoires en difficulté et favorise la mixité sociale ainsi que d’une politique d’aménagement du territoire qui permette de répartir les équipements publics de manière équilibrée. Le SNES réaffirme son exigence d’un périmètre large de l’éducation prioritaire qui comprenne aussi les lycées généraux, technologiques et professionnels, dont l’articulation avec les collèges est essentielle. Il continue de demander un label unique pour tous les établissements de l’éducation prioritaire et une carte définie par des indicateurs nationaux transparents et concertés. Ce sont ces indicateurs qui détermineront, pour chaque établissement en fonction de son niveau de difficulté scolaire, sociale et territoriale, les moyens lui permettant de réduire les inégalités. Aucune interférence d’influences politiques ne pourra ainsi faire classer ou déclasser un établissement en éducation prioritaire.
Collège
Le SNES-FSU a mené une bataille acharnée depuis plusieurs mois contre l’ensemble des mesures réactionnaires et autoritaires contenues dans le « choc des savoirs ». Une fois la bataille des idées gagnée, la mobilisation nationale, locale et juridique a fini par avoir raison de la mesure emblématique, celle des groupes de niveau, dont la mise en œuvre va devenir facultative à la rentrée 2026.
La vigilance doit cependant rester de mise. En effet, bien que cela représente une avancée non-négligeable, le renvoi au local ainsi créé, risque de tendre encore davantage les relations entre les collègues et les personnels de direction zélés, toujours enclin à s’immiscer dans les choix pédagogiques des collègues. Comme nous le craignions dès septembre, des pressions se font ressentir de la part des personnels de direction afin de mettre en place un « Plan Local d’Évaluation » dans les collèges. L’immisison des principales n’est pas nouvelle mais trouve ici un levier supplémentaire de contrôle de la pédagogie des collègues.
En effet, en annonçant en grandes pompes un grand plan pour « 800 collèges », le ministère continue d’avancer ses pions pour renforcer encore l’autonomie des établissements et pulvériser l’éducation prioritaire. Le ministre annonce qu’il va agir en faveur de 15 % de collèges qui « ont une part importante des élèves dont les résultats sont inférieurs à 8/20 en français et en mathématiques » au DNB. Il attend d’eux un « saut qualitatif », sans garantie de moyens supplémentaires. À terme cette politique pourrait amener le ministère à privilégier ces 15 % de collèges au détriment des 20 % labellisés en abandonnant complètement la politique sociale d’éducation prioritaire pour réaliser de substantielles économies. Dans l’immédiat, pour comprendre la logique qui sous-tend cette expérimentation, le SNES doit mener une enquête approfondie sur les critères retenus pour chacun des collèges intégrant la liste des 800. De plus, il doit préparer dès maintenant une campagne d’information et de revendication, pour lutter contre cette nouvelle entreprise de dérégulation.
Cette liste des 15 % des collèges concernés dans notre académie nous est parvenue récemment, 98 établissements y figurent. Cela montre à quel point l’investissement dans notre académie est bien inférieur aux besoins réels comme nous l’avons à maintes fois prouvé, notamment par le Plan d’Urgence 93.
En réalité, il s’agit surtout de redéployer des moyens en fonction de résultats à des évaluations nationales et non plus d’assurer des moyens supplémentaires et pérennes aux collèges qui concentrent les plus grandes difficultés sociales. En laissant entendre, en creux, que ce sont les approches pédagogiques et la formation…des collègues qui ne seraient pas efficaces et adéquates !
Cette annonce trouve un écho particulier dans le Val-de-Marne où 3 collèges relevant de l’Éducation Prioritaire, se sont vus « invités » à des « ateliers » organisés pas l’Inspection Générale, sous prétexte que leur IPS est supérieur à 95. Ces « ateliers » étaient constitués de plusieurs axes ; les effets sur les trajectoires professionnelles, les besoins de formation, les besoins des élèves et enfin les conditions de travail et l’organisation pédagogique.
Durant ces « ateliers » il a été promis que la carte de l’Éducation Prioritaire n’évoluerait pas avant les élections présidentielles. Un nouveau statut a été présenté sans précision, mais dont les contours sont toutefois assez clairs : un nouveau statut des établissements, dont les moyens seraient dégressifs, permettant une refonte de l’Éducation Prioritaire pour mettre en place plusieurs niveaux d’aide (sous forme de palier) en fonction des besoins, avec notamment une augmentation progressive du nombre d’élèves.
Ministère, recteurs et rectrices sont en train de démanteler la politique d’éducation prioritaire en remplaçant les critères sociaux par d’autres et les moyens afférents par des méthodes de néo-management dont on connaît déjà les conséquences. Le SNES-FSU continuera à marteler ses mandats pour une éducation permettant l’émancipation de toutes et tous.
Lycée, baccalauréat
Les proviseures des lycées de l’académie de Créteil ont reçu une notification de DHG (HP, HSA, IMP), ce jeudi 15 janvier, alors que la répartition des moyens en CSA ministériel n’a pas encore été faite. Cette transmission, dans un calendrier semblable aux autres années, a pour but de permettre un travail suffisamment long sur les TRMD qui devront remonter le 10 Février afin de stabiliser les postes en vue du mouvement intra-académique.
Cette transmission anticipée, avant les instances nationales et ministérielles, peut laisser craindre des dotations à minima. Certains enseignements en feront encore les frais car ils ne sont financés que par la famélique marge d’autonomie (options, LV3, groupes … ). Les discours visant à décourager les élèves de choisir des spécialités « peu rentables » risquent d’être encore plus fréquents dans les établissements.
Au niveau académique, nous avons dénoncé encore une fois les inégalités de rémunération par les indemnités types IMP. En effet, selon les lycées, à travail égal, toutes les coordonnateurtrices de disciplines, les chargées de labo scientifiques, de maintenance informatique peuvent être rémunérées du simple au double selon la dotation en IMP. La réponse invariable du rectorat est qu’il faudrait priver certains établissements dotés de longue date pour accorder davantage à ceux qu’ils reconnaissent comme lésés. C’est un alignement par le haut qu’il faut obtenir et des rémunérations statutaires !
En attendant l’abrogation des réformes des lycées et du baccalauréat que le SNES continue à exiger, il est urgent de continuer à porter des revendications immédiates qui limitent les dégâts de la réforme Blanquer : financement des dédoublements, des options, arrêt de l’abandon d’une des 3 spécialités (les élèves sont placées devant des choix impossibles, les besoins humains dans certaines disciplines sont suspendus aux choix des élèves qui peuvent varier d’une année sur l’autre).
La suppression du Service National Universel (SNU) n’amène pas au retour des moyens qui y étaient consacrés dans les DHG. Le SNES-FSU dénonce ce tour de passe-passe budgétaire et exige le retour de tous les moyens dédiés au SNU dans le budget de l’Éducation nationale.
Le SNES-FSU dénonce l’ingérence du Conseil régional d’Île-de-France dans la pédagogie, par le financement d’un programme à destination des élèves sur la "mémoire des crime commis par les régimes communistes en Europe centrale et orientale".
Psy-EN, orientation
Les PsyEN ont été informées par leur hiérarchie des suites à mettre en œuvre dans le cadre du plan Avenir d’une part et celui de la réforme de la santé scolaire prenant en charge la santé mentale à l’école. Par exemple, ils et elles ont été enjointes à travailler sur le plan pluriannuel d’éducation à l’orientation (PPO) et sur les protocoles de santé mentale mais on voit bien que ces mesures ne sont pas applicables. Ces mesures laissent croire que l’accompagnement des élèves à l’orientation et le soutien psychologique peut se passer de PsyEN. Dans le 94 et dans le 77, les postes de psychologue conseillère technique en santé mentale ont été pourvus mais aucune communication n’ a été réalisée. Il s’agit selon le ministère d’une mesure d’attractivité de la profession, aucune amélioration n’a pu être constatée. Sur le terrain, les PsyEN ne sont pas dupes : les pôles santé bien être protection de l’enfance départementaux qui devraient voir le jour dans les DSDEN, n’apporteront pas d’amélioration dans les conditions de travail. Elles font craindre l’apparition de hiérarchies intermédiaires et une contractualisation avec l’agence régionale de santé qui engageraient les PsyEN ou les invisibiliseraient davantage.
Les mesures du Plan avenir semblent pour le moment inapplicables car les cheffes freinent et ne répondent pas à la demande de mise en place des PPO. Pour autant, le SNES doit prendre la mesure de ce qui pourrait être demandé dans le cas où l’administration l’imposera par des mesures coercitives. La note de service du 2 juillet 2025 indique qu’il est élaboré en réunissant la conseil pédagogique et le conseil d’administration en prenant appui sur un diagnostic partagé et des indicateurs... Rappelons que les PsyEN ne sont pas représentées en conseil d’administration, ils et elles ont deux ou trois EPLE à charge. Il est donc nécessaire de ne pas se précipiter et refuser toute discussion qui ne les associerait pas . Encore une fois, il s’agit de mettre sous pilotage leur travail et nier leur professionnalité. Enfin la mise en place de dispositifs de l’école inclusif, Dispositif d’autorégulation (DAR), Pôle d’appui à la scolarité (PAS) se font sans aucune précaution ni réflexion. Elle installe une privatisation et méprise les missions et statuts de tous les personnels.
FSSSCT
Les conditions de travail, la présence d’amiante, la qualité de l’air vont être des thèmes portés par les organisations syndicales dans le cadre de la campagne électorale des élections professionnelles. Cette défense de la santé et de la sécurité des personnels est bien sûr indispensable mais elle s’effectue, selon nous, de façon plus ou moins “honnête” dans notre académie.
Les délégations FSU mènent quasiment tout le travail lourd et chronophage : visite des établissements, déplacements sur les lieux de DGI, assistance des collègues en souffrance, accompagnements individuels des collègues victimes d’accident de service, de VSS, de harcèlement.
Nos travailleurses de terrain des F3SCT - essentiellement issues du SNUIPP et du SNES - s’y épuisent alors que d’autres syndicats, riches de notre expertise mais épargnés par la suractivité militante sur le terrain, ont le temps et l’énergie, de construire des outils de campagne sur ces thèmes et de retirer la gloire de nos actions, avec en ligne de mire les sièges en CSA, F3SCT et les décharges fonctionnelles afférentes !
Il est indispensable que le SNES, au sein de la FSU, puisque les listes présentées aux élections sont FSU, se penche rapidement sur du matériel à la hauteur de l’enjeu et de la concurrence électorale : documents mieux présentés, mieux construits et plus utilisables par les personnels Éducation nationale et donc électeurrices.
Entrée dans le métier
Le secteur Entrée dans le métier est toujours dans l’attente des dernières informations au sujet de la mise en œuvre de la réforme des concours, autant en ce qui concerne les derniers arbitrages que la possibilité de passer le concours à Bac +3, suspendue en raison de l’absence de budget. Le SNES-FSU exige la tenue des épreuves à Bac +3 coûte que coûte et se désole de ce qui apparaît comme une première maltraitance à l’égard des candidates aux concours. Elles et eux connaissent déjà une année de préparation angoissante et incertaine, notamment compte tenu de la mise en place précipitée d’une réforme mal pensée.
Nous sommes assez peu sollicitées ces dernières semaines. La vague des contestations de classements comme celle de la formulation des vœux pour les mutations inter-académiques sont passées. Nous avons préparé le calendrier des tractages devant la Maison des Examens d’Arcueil pour les concours internes et externes que nous ferons, comme tous les ans, avec les camarades de Versailles et Paris. Nous avons également fini la préparation de notre prochain stage qui aura lieu dans nos nouveaux locaux parisiens le lundi 30 mars. Ce stage portera sur la titularisation et les mutations intra-académiques et nous sommes ravies d’accueillir Christophe Cailleaux qui viendra nous faire un point sur l’IA dans l’Éducation Nationale.
Protection sociale complémentaire
Fermement attachées à la défense du 100 % Sécu ( mandat du SNES et de la FSU) seul dispositif vraiment protecteur et solidaire, correspondant à l’esprit de la création de la Sécurité sociale, nous dénonçons toute forme de marchandisation de la santé et d’inégalités générées par la place grandissante des PSC. Le SNES-FSU profite de la période de mise en place de la PSC pour diffuser massivement ses mandats du 100% Sécu en démontrant en quoi la multiplication des protections sociales complémentaires sont des attaques contre la Sécurité sociale. La priorité de l’organisation syndicale doit être de défendre ses mandats : financement de la Sécurité sociale par la cotisation, niveau de la cotisation selon ses moyens (comme c’est le cas pour la Sécurité sociale et comme cela l’était à la MGEN) et refus d’un niveau de cotisation en fonction du risque que représenterait l’assuré, prise en charge à 100% des soins, défense du principe de répartition des cotisations, solidarité intergénérationnelle. Le SNES-FSU revendique le recouplage des volets santé et prévoyance eu un seul contrat pour toutes.
La campagne d’affiliation a débuté dans l’académie de Créteil est révèle les choix de l’employeur. Du côté de la santé, les professions les plus précarisées ont du mal à s’affilier. En effet, le coût forfaitaire des conjointes et des enfants pèsent lourdement sur les non-titulaires, en particulier les AED et les AESH. Cela va les amener à se tourner vers la complémentaire santé solidaire pour se couvrir ou couvrir leurs ayant-droits. L’État a donc mis en place une PSC qui ne couvre pas les personnels les plus pauvres ! Le SNES communique auprès de la profession en exigeant que l’employeur fasse évoluer la PSC pour que les collègues puissent toutes et tous s’affilier.
Concernant la prévoyance, elle reste découplée de la santé et son coût, s’il est proportionnel au revenu, risque d’amener les plus jeunes à faire le choix de ne pas s’affilier et les plus aisés à préférer se tourner vers d’autres offres de prévoyance ou à ne pas s’affilier du tout. Le SNES fait campagne sur la nécessité de se protéger et invite les collègues à faire le choix du contrat collectif. Il rappelle qu’au-delà de six mois, la MGEN pourra imposer un questionnaire de santé ce qui est inacceptable et doit être retiré.
Dans le cadre du déploiement de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) à partir du 1er mai 2026 pour les actifsves, les retraitées auront le choix de rester à la MGEN. en optant soit pour le contrat collectif des actifsves, soit pour un contrat individuel « spécial retraitées » que la MGEN proposerait, ou bien quitter la MGEN. Tout en restant sur nos mandats de 100 % Sécu, nous serons en soutien des retraitées qui vont s’interroger sur le choix à faire. Nous craignons que les retraitées soient défavorisées en optant pour des contrats individuels financés par les seules retraitées dont les cotisations risquent d’augmenter au fil des ans. Nous préférons leur conseiller de prendre le contrat collectif du groupe MGEN-CNP, même s’il risque d’augmenter lui aussi, afin de contraindre ce groupe à la solidarité intra et intergénérationnelle que nous défendons qui était aussi celui de la mutualité à son origine.
Élections professionnelles
La FSU prépare la campagne des élections professionnelles 2026. Notre fédération doit mettre en valeur ses mandats concernant notre métier, le système éducatif et ce qu’elle revendique pour les personnels. Cependant, elle doit aller au-delà en affirmant ce qui fait d’elle un syndicat de transformation sociale : mandats féministes, lutte contre toutes les discriminations et écologistes pour proposer d’autres issues et d’autres alternatives au néolibéralisme, analyses prenant en compte les enjeux économiques et sociaux.
Par ailleurs, nos campagnes doivent aussi valoriser les succès que nous avons obtenus. La FSU a été au cœur des luttes contre la réforme des retraites de 2023, qui ont mis en difficulté le pouvoir en place et l’ont forcé au passage en force. Elle a fait le choix d’appeler les personnels à s’engager contre l’extrême-droite et pour le programme du Nouveau Front Populaire en 2024 et a permis d’éviter l’arrivée au pouvoir du RN. Le SNES a mené, par des campagnes percutantes, une lutte efficace contre le choc des savoirs qui a mis en échec les groupes de niveaux. Nos campagnes doivent montrer que le SNES et la FSU sont des outils pertinents pour organiser les luttes et les mener, et pour gagner !
Action
La faible participation à la journée de grève interprofessionnelle du 2 décembre 2025 confirme nos analyses : les collègues sont de moins en moins réceptifs à des journées de grève espacées dans le temps, qui démobilisent. Iels avaient pourtant commencé à s’engager dans les luttes contre le budget 2026 en septembre dernier. Le contexte politique explique en partie cette démobilisation, mais nous devons analyser notre responsabilité dans cette dernière. Ce type de grève saute-mouton, que nous nous sommes imposé pour maintenir l’intersyndicale à huit, est de plus en plus critiqué par la profession qui souhaitait rebondir beaucoup plus vite et mettre le gouvernement sous pression dès le mois de septembre. Le SNES s’était mandaté pour une action éducation en janvier qu’il peine à lancer. Les suppressions de postes prévues pour 2026 et la poursuite des politiques éducatives par Geffray offrent pourtant des leviers de mobilisation et des axes de campagne. Par conséquent, le SNES-FSU décide :
de continuer à porter ses revendications pour un autre budget 2026 auprès de la population, de l’intersyndicale et des forces politiques : un déblocage des salaires et des pensions et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis 2011, l’abandon des jours de carence et du 10% sur les indemnités de congé-maladie, le rétablissement de la GIPA ;
de faire campagne sur les questions d’éducation, et particulièrement sur les suppressions de postes, les attaques sur la liberté pédagogique des collègues concernant l’évaluation, le choc des savoirs et la réforme des lycées et du baccalauréat. Il rappelle ses mandats d’abrogation des réformes du lycée, du baccalauréat et la fin de Parcoursup. Il exige l’abandon des suppressions de postes dans le système éducatif dans le budget 2026 ;
de faire le lien avec les organisations de jeunesse et de parents d’élèves ;
d’appeler les S1 à organiser dès maintenant des HIS/assemblées générales pour discuter des suites de l’action sous toutes ses formes, y compris la grève, pour installer la mobilisation dans la durée ;
de mettre en débat dès maintenant une période de grève plus longue, annoncée à l’avance et préparée, visant à mettre en échec le projet de budget et les politiques éducatives du gouvernement, dans le cadre intersyndical le plus large possible. Cette semaine de grève peut se positionner au mois de mars 2026.
Le SNES-FSU développe son travail de lutte contre l’extrême-droite. Il propose des stages syndicaux aux militantes et aux collègues. Il médiatise ses analyses sur le programme des extrêmes-droites de manière large, en direction des collègues comme de l’ensemble de la population. Il est urgent de nous organiser parce que les actions de l’extrême droite se multiplient dans l’ensemble du pays. L’entrée au gouvernement de ministres issus de partis d’extrême-droite constituerait le franchissement d’une ligne rouge et le SNES-FSU appellerait alors les collègues à se mobiliser immédiatement sous toutes les formes qui se présenteraient.
Le SNES-FSU soutient et appelle à participer aux rassemblements et mobilisations, pour l’arrêt du génocide perpétré par Israël à Gaza, la fin des massacres et un cessez-le-feu immédiat, l’accès à l’aide humanitaire et sanitaire, la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens et de tous les otages israéliens détenus par les groupes armés palestiniens, la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, une paix juste et durable entre Palestiniennes et Israéliennes, par le respect du droit international. Il participe, dans le cadre intersyndical le plus large possible, aux actions de solidarité avec les peuples en guerre ou opprimés organisés actuellement, dans le respect de ses mandats, comme sur l’Ukraine, l’Iran ou le Venezuela.
Le SNES-FSU appelle à se mobiliser massivement le dimanche 8 mars 2026, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, en solidarité avec les femmes et les filles qui, partout dans le monde, sont les premières victimes des guerres, des régimes impérialistes, mais aussi du changement climatique aggravé par les politiques patriarcales, productivistes et capitalistes.
Le 8 mars n’est pas une journée de célébration ou d’affichage, c’est une journée de lutte et de grève féministe à laquelle nous devons prendre part car le combat pour l’égalité est loin d’être terminé. Les femmes et les minorités de genre subissent encore des inégalités salariales, des carrières hachées, des temps partiels imposés subis, la précarité, et les violences sexistes et sexuelles. Sans le travail des femmes, rémunéré ou non, toute la société et l’économie s’arrêtent. Pourtant, ce travail essentiel n’est ni reconnu, ni valorisé, ni justement payé. Les politiques publiques et les choix patronaux aggravent ainsi les inégalités : les femmes payent le prix fort des attaques contre les services publics, de la remise en cause des droits sociaux, de l’insuffisance des moyens pour lutter contre les violences et garantir l’égalité réelle. Le SNES-FSU promouvra ses mandats pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et plus particulièrement les revendications de nos collègues AESH, à 93% des femmes, que le Sénat a décidé de maintenir dans la précarité, plutôt que de leur donner accès au statut de fonctionnaire de catégorie B.
Pour gagner l’égalité, il s’agit de lutter pied à pied contre un système de domination patriarcale qui assigne les filles et les femmes à une position subordonnée et dévalorisée dans l’ensemble la société. Le 8 mars sera également l’occasion de porter à nouveau la nécessité d’obtenir des moyens dédiés à la mise en œuvre effective de séance d’EVARS dans tous les établissements scolaires pour faire de l’éducation à l’égalité une réalité pour l’ensemble de nos élèves.
Le SNES-FSU mettra à disposition de la FSU ses outils de communication pour permettre une campagne fédérale offensive. En effet, la lutte pour les droits des femmes concerne tous les syndicats de notre fédération et doit s’imposer comme un enjeu majeur pour toutes et tous les militantes.
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