Monsieur Le Recteur
Madame La Secrétaire Générale,

Les organisations syndicales FSU, SNFO-LC, CGT EDUCACTION et SUD EDUCATION, représentatives au CTA de Créteil, vous ont alerté la semaine dernière, sur les conditions dans lesquelles se déroulent le dialogue social dans notre académie : calendrier tardif, retard de la transmission des documents préparatoires, CTSD sur les moyens de surveillance déjà réunis ... transformant ce dernier CTA en une chambre d’enregistrement
Cette constatation n’est pas nouvelle. Elle se reproduit même très souvent et apparaît comme un stratégie politique du rectorat de l’académie de Créteil.
Nous tenons de nouveau à réaffirmer l’importance des instances paritaires, des CTA, lieu de dialogue social et de notre rôle de représentant.e.s de tous les personnels.

Pendant que le gouvernement poursuit son œuvre de destruction des solidarités nationales, le ministre de l ’Education Nationale s’entête à refuser toute négociation sur les réformes actuelles et à venir. Réformes qui ont toutes le même objectif : réduire l’engagement de l’État dans la fonction publique, modifier en profondeur le fonctionnement des services publics en reproduisant ce qui se fait de pire dans le privé, diminuer la participation des plus aisés à la solidarité nationale. Face aux oppositions, ce gouvernement accentue l’autoritarisme et la répression qui ne peuvent que nous inquiéter pour l’avenir de notre démocratie.
La FSU s’est engagée dans la lutte contre les mesures contenues dans la loi FP : priorité au contrat contre le statut, importance de plus en plus grande de la hiérarchie, possibilité de licencier des fonctionnaires, suppression de tous les cadres collectifs de promotion, de notation, d’avancement, disciplinaires. La FSU continue à dénoncer entre autre : l’article 1 qui limite la liberté d’expression des enseignants, l’obligation du financement des écoles privées maternelles par les collectivités locales ; la création des établissements internationaux (EPLEI) véritables établissements privés au sein du public et la suppression du CNESCO, organisme indépendant au profit d’un « Conseil d’évaluation de l’école » sous la houlette du ministère .
Dans l’éducation, les actions de résistance aux réformes en cours sont de plus en plus fortes. De nombreux établissements dans notre académie, revendiquent des moyens et contestent la mise en place de la réforme du lycée. Le SNES et la FSU ont soutenu et appelé à la grève le premier jour du baccalauréat et du brevet .

Aujourd’hui, le ministre franchit un pas supplémentaire en menaçant de retirer jusqu’à 15 jours de salaire aux professeurs ayant collectivement décidé une rétention des notes, qui feraient valoir leur droit de grève le jour de la remise des notes du baccalauréat. Il prend ainsi la responsabilité de faire monter la colère de toute la profession, aujourd’hui et pour la rentrée, et, il met en péril la communication des résultats du baccalauréat dans les délais prévus. Nous soutenons toutes les actions de reconduction et les actions au-delà des surveillances, notamment dans le cadre des réunions d’entente, des jurys du baccalauréat et des corrections de copies du bac et du DNB.

Nous reviendrons sur plusieurs points lors de l’étude détaillés document par document.

Cependant, en ce qui concerne les moyens de surveillance, nous soulignons dès cette déclaration que les vies scolaires sont sous tension, Il existe encore de nombreux établissements de plus de 600 élèves avec un seul CPE, les dotations en AED (nous aimerions connaître votre barème de répartition) n’ont pas suivi les augmentations démographiques et les CUI et maîtres de demi pension disparus, il y a quelques années n’ont jamais été remplacés, les élèves sont moins encadrés et cela se voit, par des climats scolaires fortement dégradés..

Concernant les moyens en accompagnement du handicap (AESH), l’augmentation de la dotation ne sera pas suffisante face au nombre de notification d’accompagnement. La mise en place des PIALS ne saurait être une réponse satisfaisante particulièrement pour les enfants autistes. A titre d’exemple, le nombre de dossier MDPH pour le département de la Seine-Saint-Denis a augmenté de 25 %.

Concernant la formation, lors du comité technique ministériel du 12 juin 2019, le ministère a présenté un décret permettant de rémunérer des actions de formation continue suivies par les professeurs pendant les congés scolaires mais permettant aussi à l’administration d’imposer, sur ces jours de vacances, jusqu’à cinq jours de formation. Nous nous opposons fermement à ce projet.

En ce qui concerne le bilan social, nous nous arrêterons dans cette déclaration au cas des contractuels :
Dans le second degré, il y avait cette année 4563 non titulaires. Néanmoins nous avons constaté qu’après la phase du mouvement intra il ne restait plus de poste vacant dans de nombreuses disciplines ( ex 4 PPV en maths alors que l’année dernière il y en avait 156 après l’intra, 10 ZR ont été ouverts en anglais cette année, un peu de PV en doc ).
L’année dernière il a été signé 2200 contrats en juin ( et 988 CDI page 22), à ce jour le retard dans les signatures de contrats est flagrant.

Les collègues non CDIsés risquent d’avoir des périodes sans emploi donc risquent de perdre le bénéfice de leur antériorité.
Quelle gestion sera mise en place pour la rentrée 2019, alors que le collègues n’ont encore reçu aucune proposition de renouvellement pour la rentrée ?

Le Snes a demandé un rdv à la DPE 2 le 25 juin dernier : aucune réponse même négative ne nous a été fait !! Le mépris du rectorat et de certains services s’ajoutent à celui du ministère.

Il existe une véritable crise de recrutement dans nos métiers , liée à la stagnation des salaires et aux conditions de travail difficiles. L’académie de Créteil doit accueillir à la rentrée 80 étudiant-e-s de L2 en préprofessionnalisation sous statut d’AED dans plusieurs disciplines. Où seront ils implantés ? Les AED prépro ne sont pas une solution à l’absence de pré-recrutements. Le risque que ces étudiant-e-s non formé-e-es soient en réalité utilisé-e-s pour compenser les grands besoins en remplacement de notre académie est grand, alors qu’il faudrait au contraire recréer les postes de TZR détruits au fil des années. La FSU dénonce aussi la logique à l’œuvre qui suppose que le métier d’enseignant-e peut s’apprendre par le terrain aux dépens d’une bonne maîtrise des savoirs universitaires et que l’enseignement serait davantage un métier d’exécutant plutôt que de concepteur.
La FSU revendique au contraire des pré-recrutements massifs sous statut d’élève-fonctionnaire, par concours disciplinaires, dès la L1 et à tous les niveaux du cursus universitaire, sans contrepartie en établissement, avec un engagement quinquennal à rester au service de l’État à compter de la date d’admission au concours de recrutement.

Ce bilan social appelle une politique exigeante pour attirer les personnels et surtout pour donner envie de rester dans notre académie. Il reste tout un travail à faire, des moyens et des politiques à mettre en œuvre. Ce sera notre conclusion.